‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 100 sur 291 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

point de vue; nous avons déjà remarqué que Blanq-Desisles avait du style; on dit même qu'il Etait bon comédien.

Bourg régénéré.

DISCOURS PRONONCÉ SUR LA PLACE Marat par le citoyen Blanq-Desisles, maire, A l'armée révolutionnaire parisienne, arrivée le ip frimaire^ an 2 de la République française^ une, indivisible ef démocratique.

Soldats révolutionnaires,

Vos pieds frappent un sol qui fut infecté par le fédéradsme. Des administrateurs perfides, à l'aide des hommes ie chicane, ont tout fait pour tromper et séduire le peut)le, et pour lui donner le change sur les principes de la iberté.

Voyez le tombeau que les Sans-Culottes ont élevé à eur ami Marat, indignement outragé par ces traîtres.

Ce tombeau atteste l'énergie et la douleur de ce peuple ronpé. Dans sa justice, ce peuple n'a choisi pour magisrats que des Sans-Culottes. La chicane est ou incarcérée, m fugitive, ou impuissante.

En braves Sans-Culottes, nous faisons tout pour ravier le patriotisme ; et tant qu'il restera un sentiment l'égoïsme ou un préjugé, nous croirons n'avoir rien fait ncore.

B-aves soldats, recevez, par mon organe, le serment des Jans-Culottes; ils jurent de n'avoir point de relâche conre .'aristocratie, de surveiller jour et nuit, et d'atteindre out ennemi de la chose publique, sous quelques formes [u'i. se produise. Ils jurent surtout de suivre de l'œil les aux patriotes et les intrigans intéressés.

Vous êtes de Paris; Paris a été calomnié parce. qu'il a sauvé la République ; nous voulons être calomniés aussi par les aristocrates, c'est là toute notre ambition, et nous ferons tout pour mériter leur haine. Leur haine nous vaudra un regard favorable de la déesse chérie de la liberté.

Venez, achevez de détruire les préjugés religieux et aristocratiques; venez donner la dernière touche à notre ouvrage ; achevez de polir le diamant révolutionnaire que nous avons commencé détailler (i).

Le modérantisme cherche peut-être à renaître sous une autre forme, recherchez avec nous les fils de cette nouvelle conspiration ; que tous ceux qui ne peuvent plus gravir la montagne révolutionnaire, soient atteints : par là seul, nous sauverons la patrie ; par là seul, nous consoliderons à jamais la liberté et l'égalité.

Qu'un patriote soit sacré, qu'un coup porté sur un soit senti et vengé par tous les autres, et que mille aristocrates périssent plutôt qu'un seul ami de l'égalité ; que le patriote, comme un rocher, soit l'écueil où viennent se briser tous les ennemis du peuple.

Vivent les Sans-Culottes ! Vive la Montagne (2) !

Le lendemain, 20 frimaire, fut une lugubre Journée pour la ville de Bourg. Les 400 brigands de l'armée révolutionnaire, « conduits par d'autres brigands en écharpes, » pillèrent les bonnes maisons, arrêtèrent les citoyens, et semèrent partout répouvante. Ces infamies ne sont pas consignées sur le registre municipal (il n'y eut séance ni le 19, ni le 20, ni le 21 frimaire); mais les

(i) Image empruntée par i'oratcur à sa profession de joaillier. (2) Sans nom d'imprimeur, 4 p. in-S». — Ph. L.D.

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