CHAPITRE PREMIER. I7I
lotes de M. de Lateyssonnière et divers imprimés du temps nous en ont conservé le souvenir et ijuelques détails.
Manuscrit de Lateyssonnière. — Javogues étoit à Mâcon avec 400 hommes de l'armée révolutionnaire ; Blanq-Desisles alla le prier de venir à Bourg avec sa :roupe. Il vint le 19 frimaire an II, et la consternation fut i son comble parmi les citoyens. Cette force se divisa le endemain en quinze détachemens, fit des visites chez :ous les citoyens aisés, enleva l'argent monnoyé, l'argen- :erie, emprisonna sans formalité. La terreur fut si grande jue chacun se cachait ; elle augmenta quand on apprit jue Javogues avoit établi une commission populaire.
Imprimé du 4 prairial an IL — Desisles, instruit que lavogues est à Mâcon, va le solliciter pour venir à Bourg ivec l'armée révolutionnaire. Javogues accède à cette lemande, les officiers municipaux se présentent chez les :itoyens avec des détachemens de ces soldats révolutionlaires; l'argenterie, le numéraire sont enlevés ; les ableaux, les livres sont brûlés ; les citoyens éprouvent les )lus grandes vexations (i).
Imprimé du 4 vendémiaire an III. — vLe représen- :ant du peuple Reverchon, instruit des abus d'autorité et les vexations que commettoit la ligue ultra-révolutionlaire, par le moyen des différens pouvoirs qu'elle avoit •éunis, s'empresse d'écrire à Desisle que ses collègues et !ui ne doivent pas cumuler plusieurs places sur leurs tètes bt qu'ils doivent opter pour l'une ou l'autre des fonctions |ui leur ont été confiées. A cette nouvelle, Desisles est tais. d"étonnement et de crainte, il voit qu'il est menacé
(i) Aux Représentans du peuple composant le Comité de salut public. presse siguée par un grand nombre de citoyens. 24 p. in-8. — Ph. L.D.
de perdre son influence et que ses projets sanguinaires pourront être bientôt renversés... Redoutant donc de perdre le fruit de ses complots et de ses veilles, et sachant que Javogues étoit à Mâcon, entouré d'une partie de l'armée révolutionnaire, il se rend auprès de ce représentant. Il lui fait une peinture atroce des habitans de la commune de Bourg, et le détermine à faire porter sur cette commune le détachement de l'armée révolutionnaire et à venir au même instant avec lui étabhr une commission populaire, Le 19 frimaire, Desisles précède de quelques heures l'arrivée de Javogues et de l'armée révolutionnaire; il adresse à cette troupe un discours incendiaire... Le lendemain les Alban, les Laymant, les Duclos, les Gay, les Degrusse, se distribuent dans les différens quartiers, accompagnés des soldats de l'armée révolutionnaire, pour lever des contributions forcées dont Desiles a été le répartiteur. Ces taxes sont exigées sous peine d'incarcération, et l'on incarcère encore plusieurs individus qui paient. Non content de cette imposition arbitraire, dont le produit n'a jamais tourné au profit de la chose publique, on viole les domiciles; des livres, des tableaux de tout genre sont pillés, lacérés ou brûlés ; on enlève l'argent et le cuivre monnoyés, l'argenterie, le sucre, le savon, la toile et tous les effets qui conviennent ; enfin, ces enlèvemens se font sans aucune formalité, sans inventaire et sans paiement : quelques effets, mais en petit nombre, ont été trouvés depuis dans le domicile des déprédateurs (i).
(i) Tableau analytique des manœuvres et des crimes des principaux intrigans de la commune de Bourg. 44 p. in-8. — Ph. L.D.
Ce tableau, rédigé par la société populaire de Bourg, est signé par Canalle, président, Ducret, Charles, Morellet, Cochet, 'Bergier aîné, Reydellet, secrétaires, Bergier cadet, Charrassin, Quintal, Brangier aîné, Brunebarbe, Chambre-Buget, Cocon, Prost-Marion. Despiney, Jean-Paul Chambre et Bi^et, membres'du comité de correspondance.