‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 105 sur 291 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

creusées dans le jardin par le soin d'un architecte. , Bouveyron, Tun des juges, eut le courage de refu- [ ser cette exécrable mission, et fit part à quelques amis du danger qui menaçoit les détenus. »

Etait-ce réellement du courage? N'était-ce pas plutôt de la prudence? Deux dangers étaient à craindre. D'une part, on savait que les députés de TAin condamnaient les excès des Sans-Culottes de Bourg et qu'ils allaient envoyer un représentant qui les mettrait à la raison. D'autre part, le discours de Javogues et la formation de son tribunal avaient soulevé l'indignation des honnêtes gens qui ne voulaient point faire avec leurs cadavres le bonheur de la République. Un mouvement de résistance commençait à se produire ; les citoyens se concertaient avec le régiment de hussards, et tous ensemble devaient tomber sur l'armée révolutionnaire. Dans cette situation perplexe, les sansculottes ne tenaient point à se mettre en évidence en acceptant un rôle dans la commission populaire. Un grave conflit allait éclater, l'agitation la plus grande régnait dans la ville (i), et la commission de Javogues n'était pas encore entièrement formée, lorsque Gouly arriva le même jour, 22 frimaire, à trois heures de l'après-midi.

(i) Un cafetier, nommé Fabry, fut mis en prison parce qu'âne de ses filles avait appelé Monsieur un soldat de Tarmée révolutionnaire. La mupalité le mit en liberté aprùs le départ de Javogues.

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