‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 106 sur 291 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Gouly arrive le 22 frimaire an 11 U 2 décembre j'jg3)dans sa ville natale, en proie à la plus grande agitation; il arrête le coup demain préparé par les citoyens et les hussards contre les soldats de l'armée révolutionnaire. — Notice sur ses antécédents : sa jeunesse; le billet de loterie ; son départ pour l'isle de France, où il s'enrichit par l'exercice de la médecine et par l'agriculture. Son retour comme député de la colonie; le navire qui le ramène est pris par les Anglais; il perd deux cent mille livres et passe plusieurs mois en captivité. Le 6 octobre 1793, il est admis à la Convention et prend place parmi les Montagnards. Son ardeur républicaine. Comment il est nommé commissaire dans tAin. Son caractère d'arrès Les Aventures du petit Gouly. 1nstructiors qui lui sont données par Gauthier-des-Grcières. — Il publie solennellement le décret du 14 frimaire. Ses actes modérés indisposent les chefs de la faction oppressive. — Arrêté du district de Bourg contre un défenseur de la religion à Meillonas. — Gouly met en liberté le citoyen Buget, destitué par Bassal et incarcéré par le Comité central de surveillance.

Gouly, le nouveau commissaire de la Convention, trouva donc la population burgienne toute en feu, toute prête à secouer violemment le joug des anarchistes et des brigands.

Hier, h trois heures, j'arrivai à Bourg, — écrivit-il, le

23 frimaire, au Comité de salut public ; — j'y trouvai notre

CDllègue Javogues et environ quatre cents hommes de

l'armée révolutionnaire de la République qu'il y avoit

aliénés avec lui. Cette commune étoit dans la plus grande

agitation, en raison d'une commission populaire qu'alloit

é:ablir Javogues, des visites domiciliaires et enlèvemens Tome IV. ,1

l82 , QUATORZIÈME ÉPOQUE.

de métaux faits par l'armée révolutionnaire, et de la destruction des signes extérieurs du fanatisme et de la superstition. Je fus voir mon collègue sur le champ ; il m'an nonça qu'il partoit, et qu'il seroit déjà parti pour Commune-Affranchie, si la commission dont il s'agit avoit été organisée ; que, puisque j'étois sur les lieux, j'achèverois cette opération qu'il croyait nécessaire. Je lui répondis que les représentans du peuple, dans les départemens qui ne sont point et n'ont point été en rébellion, ne pouvoient, à mon avis, constituer un pareil établissement d'autorité privée... (i).

Pendant ce colloque, on battait la générale dans les rues; les officiers municipaux voulaient protéger par la force armée le départ de leurs bons amis les brigands, qui devaient être attendus à leur sortie de la ville par les citoyens et les hussards, bien résolus à leur faire rendre gorge.

Gouly, prévenu par Convers, s'empresse d'ordonner aux commandants en chef du régiment de hussards et des gardes nationales en garnison dans

(0 Compte rendu à la Convention nationale et au peuple souverain. Page 5 delà i« édition, lo de la 2" et ii delà 3".

Cet ouvrage, le plus important qu'ait publié Gouly, parut d'abord en deux parties distinctes: i" le Compte rendu, ii ventôse an II, 228 p.in-8 imprimerie nationale; 2° le Supplément, messidor an II, 58 p. in-8.

Les deux parties furent ensuite réunies dans un volume de 290 p.

Enfin une troisième édition, contenant vin-412 pages, les a réunies de nouveau en l'an III, mais avec une notable ditïérence : les trois quarts du supplément des deux premières sont éliminés de celle-ci et remplacés par une foule d'autres documents.

Nous avons sous les yeux ces trois éditions : la première appartient à M. H. Gloria, la deuxième à M. le C"= Douglas, et la troisième à M. Chossat de Montburon. Notre collection ne contient que le Supplément.

Page 1