‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 108 sur 291 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

à peine écrire, répondit-il ; comment aurois-je pu contrefaire un billet avec des vignettes, des signatures et des numéros (i) ? L'affaire fut portée à la police ; si j'avois été coupable, j'aurois été puni, et il est notoire que je n'ai jamais subi aucune correction municipale, même la plus légère, dans ma jeunesse-, le maire (Gallien) et le syndic (Humbert}, qui vivent encore, me donnèrent, lorsque je quittai le pays, un passe-port, où ilscertifioient que je m'étois toujours bien conduit. (2) Jean-François Gallien, ex-conseiller, lieutenant-criminel de l'ancien présidial de Bourg-en-Bresse et maire de cette ville avant et après 1769, confirma cette allégation de son cher et respectable compatriote dans deux lettres des 17 thermidor et 3 fructidor, an II ; il disait dans la première : « Sois persuadé que je sacrifierois jusqu'au dernier de mes enfans plutôt que de manquer à la vérité, à la patrie et à un républicain tel que toi. Je f estime, je t'honore ; je t'ai vu naître, je t'ai toujours trouvé la probité en partage et le respect qui convenoit vis-à-vis de tes père et mère (3). » Et dans la seconde : « Je n'ai rien à ajouter à ma dernière lettre. Toi, ton père et ta mère, avez toujours eu l'honneur en partage, et si je n'en eus pas été persuadé, tu n'aurois

(i) Nous avons sous les yeux deux lettres autographes de Gouly, qui ne dénotent pas la moindre dextérité calligraphique. 2 Supplément au compte rendu, i"^ édition, p. 35. ■3) Compte rendu de Gouly, 3« édition, p. 3S9.

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jamais eu le passe-port que j'ai signé à ta sortie de Bourg (i). »

Gouly quitta Bourg à quinze ans et huit mois pour aller étudier la chirurgie et la médecine auprès d'une Faculté. Deux ou trois ans après, il s'embarqua pour les Iles, où il fit honnêtement fortune. « Quant à la fortune dont je jouissois dans les Isles avant la révolution, dit-il, et que sans regret j'ai perdue pour la révolution, elle étoit le fruit de vingt-trois ans de travaux pénibles, non de ces travaux qu'enfantoit l'intrigue auprès des grands et des despotes de l'ancien régime, mais de ces travaux auxquels se livre un homme laborieux qui, jouissant sous tous les rapports de l'estime et de la confiance publique, exerçoit l'état de chirurgien, de médecin, puis d'agriculteur. D'ailleurs, on sçait combien il étoit facile dans les colonies éloignées, à un officier de santé, actif et de bonne conduite, de faire une fortune bien plus considérable et en bien moins de temps que je n'en ai mis à acquérir la mienne (2). »

Homme intelligent, écrivant et parlant avec facilité, Gouly se fit de nombreux amis à l'Ile-de- France par son mérite et l'exercice de sa profession, et, disposé par son origine à servir la cause du peuple, il eut naturellement, quand éclata la révo-

(i) Compte rendu de Gouly, 2° édition, p. 283. (2) Supplément au compte rendu, f" édition, p. 3.

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