‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 111 sur 291 · CHAPITRE II. igi · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. igi

Convention, CoUot-d'Herbois, Couthon, Hébert et autres Jacobins de la même trempe ?

Les députés de l'Ain, prévo3"ant le guêpier dans lequel notre commissaire allait tomber, lui avaient donné leurs conseils avant son départ de Paris. Si l'on en juge par les instructions écrites de Gauthierdes-Orcières, rapportées dans la troisième édition du Compte rendii^ p. 4o5, Gouly fut assez mal renseigné. Dans ces instructions Gauthier lui dit : que les nobles et les prêtres de l'Ain « ont retardé le développement de l'esprit public ; » — que les citoyens ont proclamé la République « avec enthousiasme, » et ont « manifesté leur vœu pour la mort du tyran ; » — que « le département, pressé par ceux de Rhône-et-Loire et du Jura, a montré de Tindécision ; » — que « tous les corps administratifs se sont empressés de déférer aux réquisitions des représentants du peuple, lorsqu'ils ont entrepris de réduire la ville de Lyon ; » — qu'il ne faut pas « négliger les mesures de sûreté contre les personnes suspectes ; » — que la formation du comité central de surveillance a produit « les abus et les inconvénients attachés à ces sortes d'établissements ; » — qu'il ne faut plus « mettre dans la classe des patriotes les voleurs d'effets nationaux ; » — qu'il ne faut pas non plus « que les patriotes soient trop légèrement inculpés \ » — et autres généralités plus ou moins inexactes, plus

OU moins inutiles ; mais pas un mot, pas une note sur les gredins qui agitaient le pays et qu'il connaissait trop ; par conséquent rien de précis, rien de pratique.

Le fils du chaudronnier de Bourg, député de nie de France et commissaire de la Convention, fut donc réduit à ses propres inspirations. Ayant quitté son pays, tout Jeune homme, et ne Payant pas revu depuis vingt-six ans, il n'y connaissait personne; et son secrétaire, le bressan Févelas (i), absent lui-même depuis quinze ans, ne pouvait le guider dans le dédale d'intrigues de notre département.

Tel était Gouly, telle était la situation; voyons comment il s'acquitta de son double rôle d'orga- ' nisateur et de pacificateur.

Nous avons fait connaître, ch. vu de l'époque précédente, le décret du 14 frimaire sur le gouvernement révolutionnaire. Le premier soin de Gouly, en arrivant à Bourg, fut de faire prévenir la municipalité par le Directoire qu'il proclamerait le lendemain avec solennité le fameux décret. Aus-sitôt le conseil général de la commune délégua son procureur, Convers, et Albant, officier municipal,

(i) Voir au précédent volume, ch. II de la XII" Epoque, le récit du repas des fédérés bressans à Paris.

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