CHAPITRE II
pour aller se concerter avec Tenvoyé de la Convention. Ils partirent sur le champ, et, bientôt de retour, ils rapportèrent « que le citoyen Gouly étoit un vrai patriote et qu'il étoit digne d'être représentant du peuple. » Alors le Conseil arrêta a que tous les corps constitués seroient invités de se trouver le lendemain à neuf heures du matin à la municipalité pour assister à la promulgation du décret du 14 frimaire, et que le commandant de la garde nationale et celui des hussards seroient requis de fournir un détachement pour escorter les corps constitués. »
Cette cérémonie eut-elle lieu le 23 frimaire? Ni le registre municipal, ni celui du district, ni celui du directoire ne la mentionnent. A peine est-elle indiquée dans une dénonciation (i). En tout cas le ' .iécret fut publié avec un préambule de Gouly, daté du 22 frimaire. Ce préambule, sous forme d'arrêté, constate simplement Purgence de la publication :
Le Représentant du peuple près le département de lAin,
Considérant qu'il est de la plus grande importance pour h rétablissement de l'ordre dans le département, de proriulguer le plus promptement possible le décret de la Convention nationale du 14 frimaire, relativement à l'organi-
(i) Supplément au compte rendu de Gouly, i« édition, p. 40.
sation du gouvernement provisoire et révolutionnaire, arrête :
Art. 1". — Que le susdit décret sera de suite enregistré sur tous les registres des autorités -constituées dudit département, lu, publié et affiché dans toutes les communes, et dès demain dans celle de Bourg régénéré.
Art. II. — Que le procureur-syndic de cette commune est chargé pour cette fois d'en faire l'envoi à tous les autres districts du département, aux comités de surveillance, ainsi qu'aux sociétés populaires.
Fait et arrêté en commission, les dits jour et an que dessus.
GOULY (i).
La bonne opinion que Convers et Albant avaient conçue de Gouly et rapportée au Conseil général, ne pouvait être sincère. Ces chefs de la faction oppressive et leurs frères et amis prévoyaient bien que Gouly allait déranger leur plan, lequel était de fomenter la guerre civile dans le département de l'Ain « pour le faire déclarer en rébellion, justifier par là leurs infâmes calomnies et se soustraire au châtiment que leur conduite immorale, fédéraliste et tyrannique, leur avoit justement mérité [2). » Leur prévision fut confirmée par le départ de Javogues avec l'armée révolutionnaire ;
(i) Arrêté du représentant du peuple envoyé près le département de l'Ain, du 22 frimaire, et décret de la Convention nationale du 14 du même mois, relatifs à l'organisation du gouvernement provisoire et révolutionnaire. Bourg. Bottier, iS p. in-4'>. — Ph. L.D.
(2) Observations de Gouly sur la dénonciation de la société populaire de Mâcon, du 14. nivosc an II. 4 p. in-8. — Ph. L.D.