CHAPITRE II. IQ
et ce qui acheva de les mettre en fureur, c'est que, dès ce premier jour, 22 frimaire, Gouiy donna des espérances au parti modéré :
1° En cassant la commission populaire, comme nous l'avons déjà dit;
2° En demandant communication du registre et des procès-verbaux du comité central de surveillance, pour apprécier les motifs d'arrestation (i)^
3° En arrêtant l'exécution des arrêtés « vandalistes » de son prédécesseur (2).
Cette dernière mesure (3 ■ explique comment les arrêtés de Javogues des i5 et 16 frimaire contre les églises et les châteaux, restèrent lettre morte pendant le règne de Gouly. Malheureusement nous les verrons ressusciter sous Albitte, et ce maudit proconsul en poursuivra Texécution avec un acharnement diabolique.
Gouly se reposa le 23 frimaire, en étudiant le personnel administratif. Avant de parler de ses
(i) Arrêté du 22 fnmaire an II dans le Compte rendu, 3' édition, p. 63.
(2) B. Gouly, représentant du peuple, aux membres de la Convention nationale, Paris, i5 fructidor an III. Brochure déjà citée, p. 9!
(3) Confirmée par un arrêté du 5 nivôse (voir le Compte rendu, 3' édition, p. III.)
Par suite d'arrêtés antérieurs spéciaux, l'agent national du district, R)llet-Marat, fut obligé de faire surseoir, le 4 nivôse, à la démolition des châteaux de Bohas et de Meillonnas. (Registre de l'agent national du district de Eourg. — Archives de l'Ain.)
arrêtés du 24, empruntons au registre du district de Bourg une délibération intéressante. Elle témoigne qu'en ce temps d'effervescence irréligieuse il y avait encore dans les villages des hommes courageux qui défendaient la foi de leurs pères :
Du 24 frimaire de l'an II de la République française une et indivisible,
Dans l'assemblée du directoire du district de Bourg, présents les citoyens Raffet, vice-président, Revel et Olivier, administrateurs, et Pochon, agent national, se sont présentés les citoyens Duclos et Thévenin fils, députés auprès de l'administration par la société des Sans-Culottes républicains de cette commune, lesquels nous ont fait rapport que certain individu de la commune de Meillonaz cherche à y semer la discorde, à diviser les opinions et à alarmer les consciences en répandant des maximes fausses et dangereuses, qui ne tendent qu'à entretenir le fanatisme et à perpétuer les préjugés religieux;
Sur quoi le directoire considérant qu'il importe essentiellement au salut de la chose publique de prévenir de pareils abus et de prémunir l'esprit des citoyens des campagnes contre les séditions de l'erreur et les cris du fanatisme ;
Arrête, après avoir ouï l'agent national, que les citoyens Duclos et Thévenin fils, demeurent nommés commissaires à l'effet de se transporter dans le plus bref délai à Meillonaz pour y prêcher la paix et la fraternité et les vertus républicaines ; 2" qu'ils prendront les informations soit auprès des officiers municipaux du comité de surveillance, de la société populaire et généralement auprès de j tous les citoyens qui pourront leur donner des instructions j