‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 12 sur 291 · CHAPITRE PREMIER. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. I

patriotiques et en souriant aux saillies de Ducos ? La tradition est donc exacte ; et pourvu qu'on en écarte les exagérations poétiques ou vulgaires, les vins exquis, les fleurs rares, les bougies nombreuses et rivresse, on doit l'admettre, comme nous Pavons fait plus haut, d'après M. Terrier du Loray,

Trois tribunaux révolutionnaires firent couler le sang à Lyon ou Ville-Affranchie (i). Notre département fournit aux deux premiers quelques victimes, un accusateur public au deuxième, et le troisième servit la rage d'Albilte et de nos Hébertistes contre nos concitoyens les plus recommandables. Il est donc utile de dire un mot de ces trois tribunaux.

Pendant le siège, une Commission militaire^ établie au château de la Pape, jugeait les défenseurs de Lyon pris les armes à la main. Après le siège, le 1 1 octobre, elle se transporta au Palais de Justice et fonctionna jusqu'à la fin de novembre. Du 12 octobre au 28 novembre elle prononça 99 condamnations à mort ; 96 condamnés furent fusillés. De ce nombre furent deux habitants ou originaires de l'Ain, savoir : Philibert Denojean,

(i) Dans les premiers jours de décembre 1793, on substitua le nom de mne-Affranchie kcéïm de Vilh-Affranchie .

l8 TREIZIÈME ÉPOQUE.

41 ans, serrurier, né à Pont-de-Vaux, — et Pierre Joseph Binard, 44 ans, huissier, né à Trévoux.

Le deuxième tribunal, dénommé d'abord Commission de justice populaire, puis Tribunal révolutionnaire de Ville- Affranchie^ini'msûtui immédiatement après le siège, le 1 1 octobre, par ordre des représentants Gouthon et Maignet, pour juger tous les contre-révolutionnaires non pris les armes à la main. Dorfeuille, ancien comédien, que nous connaissons déjà, qui devint Tâme damnée d'Albitte et que nous reverrons avec lui dans notre département, fut nommé président. On lui adjoignit pour juges Rouillon, instituteur à Clermont- Ferrand, Cousin, administrateur de l'Ardèche, Baigne ou Baigue, et d'Aumale, secrétaire des représentants, rédacteur du Journal de Ville- Affranchie. A la recommandation de Gauthierdes-Orcières, ses collègues Gouthon et Maignet choisirent pour accusateur public, Glaude-Joseph Merle, de Bâgé, qui remplissait déjà les mêmes fonctions à Bourg. Ge tribunal fut installé solennellement, le 12 octobre, dans l'auditoire de Roanne, et Merle prit la parole après Dorfeuille. Voici quelques passages de son discours :

.... Plusieurs des conspirateurs sont arrêtés; bientôt ils sentiront tout le poids de la vengeance nationale. Lyon fut le foyer de la contre-révolution, Lyon par là même fut en horreur aux Français. Ce nom blessait l'imagina-

Page 1