CHAPITRE IV
de la Convention, mis en liberté', et les autres casemate's jusqu'à la paix. Que d'intrigans, que d'ambitieux cachés derrière le rideau dominoient dans le département (i) ! J'en 'frémis quand j'y réfléchis (2)....
On devine quel fut le procédé employé par Gouly pour déjouer les trames des prétendus meneurs. Considérant que les troubles de Belley se sont renouvelés « au point de faire craindre que les citoyens ne prissent les armes les uns contre les autres, » et qu'il était « de son devoir rigoureux de s'assurer de tous ceux qui avoient intérêt de désirer le rétablissement du despotisme pour, sous son égide, pouvoir impunément fouler aux pieds les malheureux Sans-Culottes, » le représentant avait arrêté le même jour 29 frimaire : « Que sans exception, les ci-devant nobles, les prêtres et les exprêtres non mariés, résidans dans le ressort de la commune de Belley, seroient, dans les vingt-quatre heures, mis en arrestation, et qu'à cet effet la municipalité désigneroit une maison sûre, dont la garde seroit confiée à vingt Sans-Culottes, commandés par un officier (3). »
Ayant ainsi donné satisfaction aux Sans-
(t) Etait-ce pour rentrer dans les idées de ses collègues ou par candeur n publicaine que Gouly traitait d'intrigants et d'ambitieux les adversaires des Sans-Culottes? Quoi qu'il en soit, il ne crut pas longtemps à la v<:rtu des frères et amis. Quelques mots de sa confession, cités plus haut, cl . II de la présente Epoque, font foi de son désenchantement.
[2) Compte rendu de Gouly, 3« éd., p. i3.
(3) Compte rendu de Gouly, 3* éd., p. 85,
Culottes, Gouly ne craignit pas de mettre un terme aux vexations commises par Pun d'eux, curé constitutionnel et président du comité de surveillance de Geyzérieu. Celui-ci avait fait incarcérer sa sœur, la citoyenne Manjot, mère d'une nombreuse famille, parce qu'elle n'assistait pas à sa messe. Le proconsul, par un arrêté portant aussi la date du 29 frimaire, la rendit à son mari et à ses enfants (i;.
Le même jour encore, Gouly se fit l'ange tuté-
laire vous ne devineriez jamais de qui des
veaux et des vertes. Cet arrêté vaut la peine d'être analysé.
Le représentant du peuple, sur les observations qui lui avaient été faites que les réquisitions pour l'armée avaient diminué notablement le bétail, dégarni les ateliers de tanneurs et rendu les cuirs très rares, — considérant que l'énorme consommation des veaux et des veyles tournait au détriment de l'agriculture, « en détruisant l'espèce, sans autre avantage que celui d'affecter agréa^ blement le palais de quelques goiirtnands., » — et qu'il était « du devoir autant que de l'essence du vrai républicain de s'habituer à quelques privations pour maintenir et faire triompher les armes de la République, « défendit, « dans tout le territoire du département de l'Ain, de tuer ni con-
(i) Compte rendu de Gouly, 3« éd., p. 88.