CHAPITRE IV
sommer des veaux et des ve/îcs au-dessous de dix-huit mois, sous peine, pour la première fois, de 5oo livres d'amende, au profit des veuves et des orphelins des défenseurs de la Patrie, et d'être, en cas de récidive, traités comme gens suspects ; I . »
Cet arrêté, bientôt suivi d'un autre du même genre en faveur des agneaux (2;, portait atteinte à la liberté du cultivateur comme le maximum à la liberté du commerce. Gouly faisait bon marché des droits du citoyen, même du droit de propriété, nous en jugerons tout à Pheure, lorsqu'il s'agissait de plaire au Comité de salut public. Alors comme aujourd'hui, les hommes du pouvoir donnaient plus de liberté en paroles qu'en actions.
Un fait important de l'histoire générale ramène, une deuxième fois, sous notre plume, la date du 29 frimaire.
Ce jour-là (19 décembre 1790), la ville de Toulon fut reprise aux Anglais qui en étaient les maîtres depuis le 27 août précédent. Commuent était-
(i) Compte rendu de Gouly, 3* éd., p. 86.
(2) Idem, p. 108.
Défense « de taer ni consommer des agneaux au-dessous d'une année, à peine parle contrevenant de 3oo livres d'amende, dont un quart attrib lable aa dénonciateur, et les trois autres au soulagement des familles les plus pauvres de la commune du délinquant. » (Arrêté du 4 nivôse).
elle tombée en leurs mains ? M. Bertrand de Moleville va nous le dire en quelques mots :
Depuis longtemps cette ville étoit en opposition ouverte avec la Convention ; on n'y recevoit plus le Bulletin des lois ; on y avoit fait brûler la Constitution de Séchelles par la main du bourreau. Quand l'insurrection fut parfaitement consolidée, l'amiral Hoode parut à l'entrée du port ; toutes les sections de la ville adhérèrent aux propositions qu'il leur, fit transmettre ; le pavillon blanc fut arboré, et le fils de Louis XVI détenu au Temple, reconnu roi sous le nom de Louis XVIL L'amiral avoit sous ses ordres vingt vaisseaux de ligne et vingt-cinq frégates ; il demandoit la garde des côtes et des forts, et promettoit, à la paix, de rendre à la France sa pacifique conquête. Peu de temps après, la petite flotte française qui croisoit sur la côte sous les ordres du contre-amiral Saint-Julien, ayant été abandonnée par plusieurs des capitaines qui la montoient, l'escadre anglaise entra sans résistance dans la rade de Toulon (i).
On comprend que cette ville se soit livrée à rétranger, obligée qu"'elle était d'opter entre les Anglais qui lui promettaient le roi Louis XVII, so.us la régence du comte de Provence, — et la Convention qui lui promettait Féchafaud.
L'amiral Hoode prit possession de Toulon en déclarant qu'il ne venait point faire une conquête, mais rendre la paix à un peuple fatigué d'insurrections, et rétablir la Constitution monarchique
(i) Hist. de la Rév. de France, t. xii. p. 122.