‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 162 sur 291 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

n'avois trouvé ton patriotisme douteux, que les preuves en sont faites par tous les événements périlleux que tu as supportés comme tous les vrais républicains, que ta conduite à Paris comme à la Vendée n'étoit pas douteuse pour le bonheur du peuple, qu'enfin tu n'avois pas été secrétaire de Dumouriez, que ton patriotisme étoit non-seulement connu par ta conduite privée, mais encore par tes écrits et ta conduite publique, et que si l'on t'avoit entendu lorsqu'on t'a rayé des Jacobins, tu ne l'aurois pas été, ni même s'y l'on eut entendu quelqu'un pour toy, car je n'y étois pas non plus quand le Comité fit son rapport de radiation.

Tu as mal fait de vouloir parler et voter dans les délibérations du club de Bourg, dès que tu ne parlois pas dans le sens des intrigants...

Il a dû arriver hier ou arriveront aujourd'huy deux députés du club de Mâcon pour dénoncer Gouly à la Convention sur l'arrêté par lui pris qui casse ceux de Javogu2s. La députation de l'Ain les attend et soutiendra au comité de salut public et à la Convention cet arrêté (i).

Pour mon compte, j'aurois seulement bien voulu qu'il n'eût pas parlé si cruement de Javogues dans son considéiant, qu'il eût dit que sans doute sa religion a été trompée, ou bien qu'alors les circonstances avoient pu néces- IsitcT les mesures qu'il avoit prises, mais que n'existant fciius, elles dévoient cesser, etc. Cependant si l'on veut

(i Arrêté du 5 nivôse, cité simplement dans une note du ch. II de la jrésjnte Époque. Le considérant, critiqué par Goulj', porte « que ceux ont chargés dappliquer la loi ne doivent pas lui donner une exteuiion arbitraire sous le prétexte spécieux de mesures révolutionnaires; e servir d'un tel prétexte, c'est laisser aux malveillants toute la latiude qu'ils demandent pour fomenter l'anarchie, dégrader sa représentaion nationale aux yeux des hommes foibles et peu instruits, et les forcer se soulever contre elle; que c'est conséquemment mal servir la Répulique que de la troubler. »

être juste, l'on conviendra qu'il a eu raison de s'exprimer comme il l'a fait ; il a parlé en vrai républicain....

Il y a du bruit aux Jacobins. Deux partis se forment : celui d'Hébert, d'un côté, Camille Desmoulins, Bourdon de l'Oise, Fabre d'Eglantine et Philipeaux de l'autre. La séance d'hier a été fort orageuse. Ces derniers y avoient été appelés; Philipeaux seul a pu parler. Le dernier numéro du journal de Desmoulins traite Hébert de fripon ; il lui reproche d'avoir reçu du ministre de la guerre 60 mille livres pour sa feuille depuis le 2 juin. Si cela n'est pas tout vrai, il y en a du moins une bonne partie. Le cadet Robespierre a reproché à Hébert d'avoir voulu faire la contre-révolution, par sa feuille au sujet de la religion et s'opposoit à ce qu'il parlât. L'aîné Robespierre a parlé avec plus de modération et a cherché à ramener les esprits. Danthon a parlé de même. Je ne sçay où nous mènera cette lutte ; j'espère cependant qu'elle ne portera pas préjudice à la République.

Adieu, je suis pressé, je t'écris à la hâte. Mille amitiés à tous nos amis. Buvez à ma santé. Que les vrais Sans- Culottes de Bourg ne croient pas que je les oublie.

Salut fraternel et amitié.

Deydier.

Informe-toy sous le secret par quel ordre ou de qui émane l'ordre d'arrêter Morel (i). Reydellet a reçu cet^ ordre et il te le dira. Je lui ai écrit dans le temps à toni sujet ; je réponds encore aujourd'huy à une lettre de lui ;| mais ne lui en parle pas. Fais moy part au premier cour^ rier de sa réponse (2).

(i) M. Morel, homme de loi, avait été déjà proscrit le 21 brumaire pa^ le comité central de surveillance (voir le ch. v de la xiii= Époque). (2) Lettre autographe. — C" D.

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