CHAPITRE H
heur d'échapper au mandat d'arrêt des représentants, car un mois après (29 brumaire), le Comité central de surveillance de Bourg écrivit à celui de Seurre la curieuse lettre que nous reproduisons :
Citoyens du Comité de surveillance de Seurre,
Nous apprenons à l'instant que le citoyen Reux, architecte à Bourg régénéré et chef des rebelles dans l'artillerie à Ville-Affranchie, est actuellement dans votre commune. Le comité de St-Jean-de-Losne nous en donne avis.
Surveillez-le et saisissez -le subitement, si vous en avez la moindre connoissance. Faites courir sur ses traces. N'épargnez aucuns frais. Vous aurez bien mérité de la patrie.
Il a cinq pieds quatre pouces, visage sec et blanc, fanfaron, le nez aquilin mais pincé, l'œil vif, la jambe assez bien faits et marquant sa marche, parlant beaucoup et se vantant de même (i).
Reux, gendre de Carabasse, s'était évadé de Lyon dans la nuit du 8 au 9 octobre.
Le 16 octobre, la municipalité de Bourg règle U dépense faite pour un convoi de détenus dirigés le 10 sur Pierre-Châtel :
Onze voitures ou chariots qui restèrent cinq jours en
route 845 livres
Onze conducteurs i65 —
Une escorte de vingt hommes du dépôt et d'un oflicier 1 00 —
Total II 10 liv. (2)
(i) Registre du Comité central de surveillance de Bourg. (2) Registre municipal de Bourg.
Le même jour, Blanq-Desisles dénonce M. Céar, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, disant qu'il avait « qualifié les sociétés populaires d'écoles de sédition et de désordre, qu'il avait vu et assisté au brùlement qui avait été fait sur la place de Bourg de l'effigie de Marat et qu'il avait applaudi à cette horreur. » (Manuscrit de M. de la Teyssonnière.)
Le même jour encore, le Directoire du district de Bourg reçoit du département, de la part du citoyen Palloy, architecte de Paris, « une pierre provenant des murs de la Bastille, qui renferme le plan sous verre de cet antre du despotisme. » Sur quoi, le Directoire, « considérant que le citoyen Palloy a des droits à la reconnaissance publique par l'amour ardent qu'il a toujours montré pour la Révolution, par sa haine, pour les tyrans et par les sacrifices qu'il n'a cessé de faire en répandant dans toutes les parties de la République les débris des monuments du despotisme, afin de mettre en opposition les emblèmes de l'esclavage avec ceux de la liberté que nous avons conquise, arrête que l'offrande patriotique du citoyen Palloy est acceptée, qu'il lui sera écrit par l'administration pour lui donner des témoignages de sa vive reconnaissance et que la pierre dont il a fait l'envoi, sera placée dans la salle des séances pour