‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 191 sur 291 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

leur poste, et présenteront leur sein aux lâches qui voudroient leur percer le cœur.

Non ! encore une fois, nous sommes dans l'arène ; que le combat soit à mort, plus de grâce pour les scélérats, ils expireront sous les coups des vainqueurs ; notre cause est sacrée, nous combattons pour la République; et eux, ces vils partisans des rois, trament notre chute à la servitude. . . Si, victimes de leurs perfidies atroces, notre mort est certaine, nous mourrons comme nous avons vécu, c'est-à-dire comme des républicains. Oui ! nous irons a la guillotine en chantant l'hymne des Marseillois ; notre sang coulera pour multiplier les défenseurs de la patrie, écraser ses tyrans et sceller la cause auguste de la liberté.

Brutus condamna à mort deux de ses fils traîtres à leur patrie.

Thevenin, votre ami, saura se montrer digne d'expirer sous les coups des scélérats.

Rentrez dans la poussière, esclaves hideux des préjugés, le sans-culottisme triomphe (i) ; l'aristocratie qui levoit hier une tête audacieuse, est anéantie....

Ça va, ça ira ! Vive la République ! Vive la Montagie, et les Sans-Culottes triomphans ! (2).

Un autre Sans-Culotte, le citoyen Reydellet, dans un langage plus simple et plus logique, s'empressa de renseigner Albitte sur notre département et ne manqua pas, en sa qualité d'agent national

(i) Puisqu'il triomphe, pourquoi tout ce galimatias de lutte à mort, de sacrifice de la vie et de marche à la guillotine au chant de la Marseillaise?

2) Profession de foi de la Société des Sans- Culot tes de Bourg-Régéneré. faite le 28 nivôse, an II de la République française, une, indivisibl ; et démocratique par Thevenin //s, membre de la dite Société. Bourg. Pliilipon, 8 p. in-8. — H. Gloria.

provisoire du district de Bourg, de IMntéresser au sort des trois patriotes incarcérés. Sa lettre, non datée, doit être du 26 nivôse :

Tu arrives dans un département que le fe'déralisme a voulu atteindre. Place's entre le Jura et l'infâme Lyon, je suis encore à concevoir comment nous avons été préservés des ravages que ce monstre a faits dans la République.

Il est vrai que la masse du peuple a toujours été pure, et qu'elle ne reste pas longtemps plongée dans l'erreur, pour peu qu'on l'éclairé.

Quelques administrateurs infidèles, des scélérats voués aux tyrans coalisés vouloient faire tomber le département de l'Ain dans les complots des fédéralistes ; mais le peuple d'abord égaré a bientôt reconnu les traîtres et s'est rallié au petit nombre des patriotes purs que la ligue des brigands n'a jamais pu atteindre.

Tu es envoyé dans ce département pour y faire exécuter le gouvernement révolutionnaire , et exercer des mesures de salut public. Les habitans de ce district attendent de ta justice la punition des traîtres et indulgence pour ceux qui n'étoient qu'égarés.

Tu vas être entouré 'd'intrigans de toutes les classes; mais tu es assez pénétrant pour lès distinguer, et je suis assez persuadé de ton impartialité.

Je suis forcé de te parler tout de suite de la détention de trois citoyens ; leur incarcération fatigue les patriotes et relève trop la joie et l'espérance des malveillans. Trois collègues et amis ont été destitués et mis en arrestation par le représentant Gouly qui, j'en suis convaincu, a été trompé sur leur compte, et se seroit empressé de leur rendre la liberté, s'il eût encore resté quelques jours dans le département.

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