‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 192 sur 291 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Au nom des patriotes, je t'invite à foccuper de cette affaire importante. Que RoUet-Marat, Desisles et Convers dont je parle soient punis, s'ils sont coupables, ou qu'ils ne languissent pas longtemps dans une prison au secret et qu'ils soient réintégrés dans leurs fonctions, s'ils sont innocens (i).

Le premier acte d'Albitte dans sa souveraineté de TAin et du Mont-Blanc fut la publication du décret du 14 frimaire et de la réponse aux manifestes, dont nous avons parlé à la fin du vii^ ch. de la XIIP Epoque. Il fit imprimer séparément ces deux pièces et les enrichit toutes deux du même préambule, que voici :

Les vertus et le bonheur sont la propriété du peuple . Ses erreurs et ses maux sont l'ouvrage funeste de ceux qui trop souvent l'égarent, le trompent et le trahissent (2).

Le peuple chérit la vérité et la raison ; les aristocrates, .es amis des tyrans, les ambitieux, les égoïstes, les hypocrites et les fripons de toute espèce cherchent malheureusement sans cesse à lui en dérober les lumières éternelles. Administrateurs, magistrats, il est temps d'arracher les derniers lambeaux du voile épais que l'ignorance et la tyrannie avoient jeté sur les yeux du peuple, et de dissiper les dernières ténèbres qui obscurcissent encore l'atmosphère de la liberté (3).

(i) Copie écrite par M. Debcst. — C" D.

(2^ Oui, mais par qui est-il égaré, par qui est-il trompé, si ce n'est par ics faux amis les démagogues ?

(3) Mensonge et flagornerie.

Que le peuple s'instruise, qu'il sache tout. Répandez à pleins jets la lumière. Qu'il puisse distinguer en tous temps, en tous lieux, ses amis ve'ritables (i) et ses perfides ennemis. Qu'il puisse enfin nous juger facilement et connaître les vertus et les crimes des hommes qu'il a chargés du soin honorable d'exécuter ses volontés.

Envoya dans ce département par la Convention nationale, je ferai parvenir, aussi exactement qu'il me sera possible, aux fonctionnaires publics et aux sociétés populaires les loix, les arrêtés et tous les écrits qui doivent guider le peuple dans la carrière révolutionnaire, et assurer l'anéantissement de ses ennemis. J'attends des agens de la chose publique le plus grand zèle et la plus grande activité. Ils commenceront à m'en donner des preuves, en répandant avec autant de diligence que de discernement, les semences patriotiques qui leur seront confiées.

Ils se souviendront sans cesse qu'ils sont responsables ; les sociétés populaires le leur rappelleront avec vigueur, et je ne l'oublierai pas.

Albitte (2).

En remettant au jour le décret sur le gouvernement révolutionnaire déjà publié par Gouly le 22 frimaire (voir ch. 11 de PÉpoque précédente),

(i) Marat et Compagnie.

(2) Albitte, représentant du peuple, envoyé pour l'exécution des mesures de Salut public et l'établissement du gouvernement révolutionnaire, dans les départemens de l'Ain et du Mont-Blanc avx autorités publiques de ces deux départemens.

Préambule suivi du rapport de Billaud-Varenne et du décret du 14 frimaire an II sur ]c gouvernement révolutionnaire. Bourg, 48 p. in-8. — CD.

Même préambule suivi du rapport de Robespierre et de la réponse aux manifestes des rois ligués contre la République. Bourg. 16 p. in-8. — Ph. L.D.

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