‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 196 sur 291 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

les pauvres b n'avoient pas de rancune, car ils

oublioient tout le mal que le riche leur avoit fait, et lui rendoientle baiser fraternel, en criant : Égalité{i).

Des laboureurs avec les instrumens de leur profession et une bannière où on lisoit : Le travail est l'âme de la société^ la paresse la tue.

Et trois ânes habillés, l'un en roi, l'autre en prêtre, l'autre en pape, avec ces trois inscriptions sur le front : Je * suis plus utile qu'un roi. — Je suis plus respectable qu'un prêtre. — Je suis plus chaste (2) que le Saint-Père le pape.

Et des hymmes patriotiques, et des discours sur nos victoires, sur la prise de Landau, de Spire, de Manheim, sur nos succès à toutes nos frontières. Les femmes, les vieillards, les enfans, tout le monde étoit de la fête, nous

étions plus de six mille (3). Ah! f , une procession

comme celle-là vaut mieux que les Rogations. Et qu'on vienne me dire encore qu'il n'y a que cent patriotes dans

[i) Imitation de pareille scène introduite dans la fête des Rois, célébrée à Lyon le 6 janvier 1794, où Albitte et ses collègues firent décapiter l'effigie de tous les souverains de l'Europe. Ce hideux spectacle fut d'abord oflert à la population de St-Etienne, le 10 nivôse an II, soit 3o décembre 1793. On peut en voir le récit dans le Journal républicain de Rhône-et- Lcire. supplément du n'3. Dorfeuille l'adressa au rédacteur avec la lettre suivante : « Citoj-en rédacteur, je te prie d'insérer dans ta feuille l'ordonnance de la fcte civique d'Arme-Commune, dans laquelle nous avons guillotiné les rois, le saint Père et M. Pitt.— Je te salue, et suis ton frère, le citoyen Dorfeuille. commissaire national. »

2) « Je suis âne, mais je suis plus chaste, etc. » (/. rép. de Rh. et L.

3) « Une jeune fille habillée de blanc, figuroit la Raison ; elle portoit à la main le tableau des droits de l'homme. Le fanatisme, vêtu d'une souta le, ayant des griffes, des oreilles d'âne et chargé de chaînes, précédoit la Raison; à chaque pas il se retournoit en frémissant ; il avoit un masque devant et derrière la tète, et sur le front un bandeau, où il étoit écrit: Je suis l'ennemi du genre humain: des enfans l'escortoient en lui jetant au nez des feuilles jaunes de ces livres qui ont embêté l'homme depuis ta it de siècles. » (/. rép. de Rh. et L.)

le département de l'Ain! je re'pondrai : F.... calculateur Brissotin, viens donc au club de Bourg, viens donc à la fête du décadi; s.... mille b de menteur, avant de calomnier le peuple, fais comme le père Duchesne, apprends à

le connoître, et tu ne tarderas pas à le respecter, f

Vive la République et vive la Montagne.

DoRFEuiLLE ct MiLLET, commissuires nationaux nommés par Fouche\ Collot-d'Herbois^ Albitte et Laporte (i).

L'irréligieuse mascarade des ânes nous fut sans doute iniportée de Lyon par Dorfeuilie. Son collègue au tribunal révolutionnaire, le citoyen Baigne, avait, plus de deux mois avant (12 novembre) écrit aux Jacobins de Paris qu'on venait de célébrer, en l'honneur de Chalier, une fête où le fanatisme avait été terrassé. « Le plus beau personnage, disait-il, était un âne décoré de tous les harnais pontificaux et portant la mitre sur la tête. »

Quelques jours après (2 1 novembre) une parade, ' non moins impie, avait eu lieu à la Convention.

(i) Brochure de 8 p. in-8. — O'B.

Les deux dernières pages sont remplies par la chanson de La Gamelle, qui eut beaucoup de succès. Voici le premier couplet :

Savez-vous pourquoi, mes amis.

Nous sommes tous si réjouis ?

C'est qu'un repas n'est bon

Qu'apprêté sans façon.

Mangeons à la gamelle, Vive le son, vive le son,

Mangeons à la gamelle, Vive le son du chaudron.

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