‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 203 sur 291 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

le pape, Pitt, et brûler la ville de Toulon sous la figure d'une femme.

Ce hideux spectacle, dont ne parlent pas les registres de la ville et du département (celui de la ville est interrompu du 3o nivôse au 5 pluviôse) est mentionné dans la Biogi-aphie des hommes vivants et dans Les Missionnaires de g3 (p. 2 35;. Ce dernier ouvrage dit positivement qu'Albitte fêta le 21 janvier par la décapitation des rois. Or, le 2 1 janvier, il était à Bourg depuis trois ou quatre jours ; il est donc probable qu'il donna aux Sans-Culottes de Bourg une seconde représentation de la guillotine coupant le cou pour rire aux princes couronnés. La première, nous l'avons dit dans une note du chapitre précédent, avait eu lieu à Lyon, le 6 janvier, jour de la fête des Rois.

On célébra jusqu'au gouvernement consulaire Fodieuse fête décrétée le 21 janvier 1794. Tous les ans cette glorification du crime fit injure à la mémoire de Louis XVI, comme l'indiquent les vers de notre éminent compatriote Michaud :

Et, quand Janvier ouvrant les portes de l'année, Ramène de sa mort la fatale journée, Les bourreaux vont offrir à leurs dieux inhumains Ce sang pur et sacré qui souille encor leurs mains. Le supplice a son culte, et le meurtre a sa fête (i) !

(i) Le printemps d'un Proscrit, ch. m*.

Le district de Belley ne fêta pas, que nous sachions, l'anniversaire du 21 janvier par un massacre de rois en effigie; mais il choisit ce jour-là pour publier une diatribe furibonde contre le culte catholique, tout en proclamant l'existence de FÊtre suprême, plus de trois mois avant Robespierre. Le but de cette longue tirade était de plaire au nouveau proconsul, en détachant les citoyens des pratiques religieuses et en les engageant à s'assembler, chaque jour de décade, dans le temple de la Raison, pour y fortifier leur éducation républicaine. Nous ne citerons que l'épigraphe et quelques phrases ; encore est-ce faire trop d'honneur à ce tissu d'impiétés banales et fastidieuses.

La croyance d'un Dieu est prouvée par la nature entière. La liberté des cultes est nécessaire pour contenter tous les goûts; mais celui qui en suit 1 un autre que celui de la raison, est!

digue de pitié. l

Citoyens,

II existe un Dieu juste et bon par essence, à la grandeur duquel un éclat emprunte' ne peut rien ajouter ; un Dieu que le bon sans-culotte Jésus chercha à faire aimer de tous les hommes, en prêchant une morale simple et pure qui n'est autre que la vérité, la raison et une sévère exécution des lois. Les prêtres et les rois ont défiguré cett£ morale par des mystères ridicules et par des miracles con traires au bon sens.

Citoyens, les ministres de tous les cultes ont invent<

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