‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 204 sur 291 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ces momeries pour augmenter leur puissance et affermir leur tyrannie....

Ils ont voulu, les monstres, nous écraser dans tous les sens; ils nous ont poursuivis jusqu'après la mort, et, presque toujours, ce lit de notre agonie a servi à augmenter leur fortune en réduisant nos enfans à la misère.

Citoyens, ils crient contre la destruction de leur culte ; De vous en étonnez pas : Ce n'est pas la gloire de Dieu qu'ils défendent ; mais ils regrettent leurs abbayes et leurs richesses immenses ; ils regrettent encore les dîmes, les reliques, les offrandes, les pains bénits, le payement des mariages et des enterremens, les passions et les quêtes, enfin la soumission aveugle que vous aviez à leur volonté; ils pleurent le droit qu'un culte fanatique et superstitieux leur donnait de connaître vos secrets, ceux de vos femmes et de vos enfans.

Ouvrez donc les yeux, Frères et Amis ; secouez le joug lies préjugés, terrassez l'hydre du fanatisme, et persuadez- ^ous bien que pour être libre, il ne faut ni roi ni prêtre....

Vos administrateurs, Citoyens, présument trop bien de esprit qui vous anime, pour ne pas espérer que vous :ha;igerez en temples de raison vos ci-devant églises, qui l'ont servi jusqu'à présent qu'à perpétuer vos erreurs et ^otre ignorance, qui n'ont servi enfin qu'à abuser vos émmes et vos enfans....

Fait au Directoire du district de Belley-régénéré, le s pluviôse, an 2» de la République française, une, indiviible et démocratique.

Dor, Garnier, Chavance, Perre^, administrateurs ; 3aron-Chalier, agent national, ei Durand, secrétaire (i).

(0 Les administrateurs du directoire du district de Belley à leurs conitoyms. Belley, Kindelem, affiche. — Ph. L. D.

Prévenu favorablement par les citoyens Albant et Reydellet sur le compte des trois détenus patriotes, Albitte leur rendit la liberté, le 3 pluviôse, et les réintégra dans leurs fonctions. Bien renseigné alors sur le concours qu'il pouvait en attendre, il accusa ouvertement son collègue Gouly, dans l'arrêté qu'on va lire, d'avoir méconnu leurs grandes qualités civiques et d'avoir perverti l'esprit révolutionnaire.

Au NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.

ALBITTE^ Représentant du peuple, envoyé pour Vexé" cution des mesures de salut public et l'établissement du gouvernement révolutionnaire dans les départemens de l'Ain et du Mont-Blanc.

Considérant qu'il est urgent de ranimer la confiance des bons citoyens, des Sans-Culottes du de'partemenl de l'Ain, département si intéressant pour la République par ses localités frontières et la vertueuse et franche simplicité de ses habitans ;

Considérant que le représentant du peuple Gouly, abusé sans doute par des séductions et machinations ourdies par les malveillans, a imprimé dans ces contrées une marche rétrograde à l'esprit révolutionnaire ;

Considérant que par l'effet de son arrêté du 17 nivôse, les citoyens Desisles, Convers et Rollet-Marat ont été incarcérés comme suspects ; que cette incarcération a frappé de terreur les patriotes, et relevé l'espérance de l'aristocratie et du modérantisme ;

Considérant que les représentans du peuple, Bernard, Bassal, Reverchon, Petitjean, Laporte, Javogues, Amaret

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