‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 225 sur 291 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

M. de Lateyssonnière a recueilli des notes assez nombreuses sur les dévastations commises par les ordres d'Aibitte. Nous les transcrirons bientôt. Pour le moment, nous nous bornons à relever l'observation suivante :

Le département de l'Ain, dit l'auteur des Recherches historiques, est le seul, dans la France actuelle, où l'on ait, pendant la Révolution, exercé sur toute la surface du sol des destructions aussi complètes. Par suite des arrêtés des 7 et 8 pluviôse, sur environ 600 clochers qui pouvoient exister dans ce département, il n'en est resté qu'un ou deux ; presque toutes les maisons de campagne ont été détruites ou mutilées en même temps. Albitte quoique jeune fanatique, enivré de la fureur révolutionnaire, n'auroit pas seul renchéri sur les décrets de la Convention nationale, s'il n'avoit été, à Bourg, entouré d'une troupe de scélérats obscurs, à la tête desquels étoit un comédien (Dorfeuille), et d'autres étrangers qui firent de ce jeune homme le bras qui exécuta leurs crimes.

L'un des clochers qui échappèrent à la destruction fut celui de.Pouilleux, commune de Reyrieux, près deTrévoux. « Il fut sauvé par Tintrépidité d'un fermier qui menaça de tirer sur le premier qui monteroit au clocher pour l'abattre. Albitte n'osa pas en donner l'ordre, et le clocher de Pouilleux est resté debout, monument curieux du courage d'un paysan dans un pays où tant de ruines attestoientla mission d'un représentant (i). »

(i) Les Missionnaires de g3, p. 233.

Page 1