CHAPITRE IV
Arrête ce qui suit :
Les citoyens Rousselet^ ci-devant curé de Bourg, ^/e.ri5 Vuarin^ ci-devant curé de Champdor; Jean-Antoine Vol~ land, domicilié à Meillonaz ; Dominique Pannier, officier de santé, domicilié à Bourg; Auger, ci-devant chanoine de Bourg, incarcéré à Ambronay, se mariant dans le temple de la raison avec la citoyenne Temporal, ci-devant religieuse ursuline à Bourg; Montagnat père^Montagnat fils, domiciliés à Ambérieu; François Serpe, marchand clinquailiier, domicilié à Montrevel; Claude Becard, agent national de la commune d'Hautecour ; Ambroise Chaveyriat, Claude Jullieron, domiciliés à Hautecour, Marie Rochet , domiciliée à Lagnieu , seront à l'instant mis en liberté à la diligence de l'agent national du district de Bourg. Ceux d'entre les dits citoyens, qui sont fonctionnaires publics, seront sur-le-champ réintégrés dans leurs fonctions.
A charge à tout ci-devant prêtre mis en liberté par le présent d'habiter dans le .chef-lieu de district, et de s'y représenter tous les cinq jours à la municipalité, pour prouver sa résidence et sa bonne conduite.
Le présent arrêté sera imprimé, publié et affiché dans l'arrondissement du département de l'Ain, à la diligence de l'agent national près le district de Bourg.
Bourg-régénéré, le 10 pluviôse, an 2<=de la République, une, indivisible et démocratique.
Vive la République 1
ALBITTE (i).
Le même jour, les prêtres Rousselet et Auger payèrent leur liberté par leur abjuration publique
(i I Affiche. Bourg, Philipon. — C" D.
et ce fut sans doute Pincident le plus marquant de la fête décadaire ; car il ne fut pas oublié dans le récit succinct qu'on va lire, récit que nous avons découvert sur le répertoire des arrêts du Conseil général de la commune de Bourg :
Fêle de la décade du lO pluviôse an II.
Du 10 pluviôse an 2^, fête de la décade consacrée à la Raison. Le Représentant Albitte et ses coopérateurs assistoient à cette fête, qui a eu lieu au temple de la Raison. Un peuple immense y étoit rassemblé, et, en présence des autorités constituées, le citoyen Rousselet^ ci-devant curé de cette commune, a abdiqué ses fonctions de prêtre, pour se livrer au culte de la Raison, et a juré de ne s'occuper qu'à mériter le glorieux titre de bon républicain français. Le citoyen Auger., ci-devant prêtre, a fait la même abdication et s'est marié le même jour avec la citoyenne Temporal, ci-devant religieuse. Le Représentant du peuple Albitte, ses coopérateurs, l'agent national et d'autres citoyens ont alternativement parlé le langage sublime de la Raison au peuple assemblé, qui a paru pénétré des grands principes qui lui ont été présentés dans cette tribune qu'on peut, à juste titre, à présent, appeler la chaire de vérité. — La fête a été terminée par différents hymnes à la liberté, chantés en chœur.
Cette brève description nous a permJs de constater qu'il en existait une autre plus étendue, imprimée sous le titre erroné de Célébration de la seconde décade de pluviôse^ erroné parce que la décade finissant le 10 pluviôse n'est pas la