CHAPITRE IV
deuxième, mais la première du mois. L'identité du "ait principal (abjuration publique des prêtres Rousselet et Auger), consigné dans les deux rela- :ions, démontre que toutes deux se rapportent au 10 pluviôse ou premier décadi. Ceci expliqué, Tanscrivons le récit imprimé, l'histoire ne doit pas négliger les détails de mœurs qu'il présente :
Il n'y a plus de cloches ; le canon se fait entendre ; tous es Sans-Culottes sont debout et se rendent tant sur la )lace Marat qu'au temple de la Raison. Les vétérans, les eunes élèves de la patrie, les autorités réorganisées, et outes les armes se réunissent, se confondent, et, mar- ;hant au pas, composent l'assemblée décadaire.
Une montagne est élevée dans le temple : V Egalité liège près de la Liberté \ la première tient le drapeau tri- ;olore ; l'autre la pique surmontée du bonnet. Une îitoyenne, représentant les Mœurs, se tient à son côté ; le l'autre, on voit la Raison, et un peu plus bas, la Vérité. Quatre femmes allaitent leurs nourrissons, etcinjuante enfans, espoir de la patrie, les entourent et se rangent auprès du sein qui les a nourris. A deux pas, et touours sur la montagne, est un groupe de jeunes filles, desinées à chanter des hymnes patriotiques.
Bientôt la masse des citoyens est rassemblée; la musique es anime ; l'amour de la liberté se prononce avec force. l.e citoyen Thévenin fait retentir la tribune de la haine iu fanatisme. Déjà, par le rapport de Barrère, lu par Desisles, agent national, les citoyens sont pénétrés et conraiiicus qu'il ne faut point de trèye, point de paix avec les yrans coalisés que la paix de la mort.
Le représentant Albitte arrive avec les autorités consti-
tuées, accompagné des jacobins Dorfeuille, Millet, Bonnerot et Vauquoy, ses coopérateurs, charge's par lui de scruter dans les maisons d'arrêt l'innocence et l'erreur qui pouvoient y être confondues avec le crime : des patriotes incarcére's et qu'ils viennent de délivrer sont à leurs côtés. Al'Ditte n'a fait que son devoir ; il est simple, il est calme, et la fête continue.
La citoyenne représentant les Mceurs entonne une hymne destructive des préjugés, et fait un'discours sur^ les devoirs des citoyennes envers la patrie. i
Dorfeuille monte à la tribune et y prononce un dis-' cours aussi énergique que persuasif sur la raison et la vérité.
Albitte rappelle que dans les églises on gardoit autrefois le plus profond silence, et invite les citoyens à le conserver à plus forte raison pour l'instruction aux vertus républicaines. Il rappelle au peuple et sa force et sa dignité ; il s'étend sur les maux occasionnés par les prêtres et les ci-devant nobles; il avertit ces derniers, qui se disent être de bonne foi, qu'ils ne peuvent le prouver au peuple et rentrer dans le sein de l'égalité que par la restitution de leurs richesses superflues ; que ceux qui n'ont rien tramé contre la République n'ont qu'un parti à prendre pour rentrer dans la société; que ce parti est d'y reparoître en vrais Sans-Culottes, en rendant à la nation les biens si criminellement usurpés par leurs pères, et employés plus criminellement efncore à asservir le peuple.
Tour à tour la tribune est remplie par Dorfeuille et Millet, par la lecture des loix et par des discours aussi instructifs qu'énergiques.
Le prêtre Rousseîet, ci-devant curé de Bourg, déclare qu'avant son incarcération il étoit prêt à abdiquer ; qu'il n'a pas voulu le faire dans la maison de détention, de