CHAPITRE IV
Tient, a de même anéanti des rites et des usages dont 'existence étoit incompatible avec le symbole des droits le l'homme. . . Le culte qui nous réunit aujourd'hui est le ieul vraiment digne de l'Etre suprême....
Repoussons donc avec courage les accens du mensonge ît de la perfidie ; n'écoutons plus que la voix de la liberté jui parle si impérieusement au fond de nos cœurs, et réunis en un seul faisceau, nous opposerons à la masse les tyrans coalisés une vigueur et une énergie qui achèveront de les renverser de leurs trônes chancelans et dont es bases sont pourries par le crime.
\ux armes, citoyens ; que le fer, que la flamme
Détruisent et les rois et leur cohorte infâme !
Confondons nos trésors et nos cœurs et nos bras :
Nous sommes tous Français, tous frères, tous soldats.
Que le salut commun désormais nous rallie ;
Mourons, mourons ensemble ou sauvons la patrie.
Des citoyens armés sont l'effroi des tyrans.
■^os revers ont rendu nos succès plus brillans.
\.u. sein des trahisons, des complots et du crime.
Le fier républicain -s'est montré plus sublime.
[1 luit enfin ce jour, ce jour tant souhaité,
:jui décide à jamais de notre liberté.
\tteints du même trait, frappés du même foudre,
Fous les conspirateurs sont rentrés dans la poudre.
Jn n'entend plus qu'un cri, qu'un vœu, qu'un sentiment.
Et les cieux attendris reçoivent ce serment :
i Vive la République, elle est indivisible,
I Et nous périrons tous pour la rendre invincible (i).
(ij Discojirs envoyé par la Société des Sans-Culottes de Bourg-Régé' 1ère. Bourg, Philipon, 4 p. in-4». — C' D.
Depuis l'arrivée d'Albitte, on célébrait partout les décades. A Trévoux, pour celle du i o pluviôse, un juge, le citoyen Moyne, prononça un très long discours, dont voici le début :
La France présente aujourd'hui aux autres nations un grand exemple, elle leur donne une grande leçon.
Une révolution, qui fait l'étonnement de l'univers, qui est l'effroi des tyrans et qui deviendra le salut des peuples, s'est opérée parmi nous.
Réjouissons-nous, citoyens ; notre révolution est arrivée au point qu'elle ne peut rétrograder; mais ne nous endormons pas qu'elle ne soit achevée (i).
Pour stimuler la vigilance, Torateur fait une peinture hideuse de l'ancien régime : les rois étoient des monstres, le France avant 1789 était plongée dans les ténèbres, le peuple était voué à l'asservissement... et autres bourdes démocratiques... Pauvre juge sans jugement! Etait-ce bien le cas d'attaquer le passé monarchique, quand la Convention gouvernait la France, quand le sang coulait de toutes parts, quand les provinces gémissaient sous le joug des scélérats et des histrions ?
(i) Discours prononcé dans le temple de la Raison à Trévoux, le premier décadi de pluviôse, an 2 de la Rép., une et indivisible, par le citoyen MoYtiB, juge au tribunal et membre de la société épurée des Sans-Culottes. Trévoux, Pinet, an 2, 16 p. in-8. — C" D.