‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 238 sur 291 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Adresse des Sans-Culottes de Montluel à la Convention. — Usage abusif de l'hôtel du département ; économie des administrateurs. — Règlement pour les prêtres apostats détenus à Brou. Réincarcérations de citoyens. Nouvelles arrestations de suspects et de religieuses. Serment du Comité de surveillance de 'Bourg. — Arrêté tyrannique d'Albitte contre les absents. — Le ch.iteau de Meillonas; pétition de son propriétaire pour sa conservation. — Les commissaires des cloches.

Un document sans date, orné d'une vignette sur laquelle on lit : La République ou la îJiort. semble appartenir au lendemain de la première décade de pluviôse. C'est une adresse des Sans-Culottes de Montluel. Ces patriotes éprouvaient le besoin d'apprendre à la Convention et à leurs concitoyens k part qu'ils avaient prise à la révolution. Audessous de la vignette, on lit encore une devise oii figure la mort : Égalité^ Liberté, Fraternité ou la mort. République, une, indivisible et impérissable. L'adresse commence par des compliments aux représentants du peuple, véritables défenseurs de la patrie, par des malédictions contre « les monstres qui osent encore ourdir des trames criminelles pour nous replonger dans les chaînes de la servitude, » et finit ainsi :

Législateurs, vous avez posé l'édifice de notre félicité sur des bases inébranlables ; vous avez rendu à l'homme sa première dignité, en établissant le règne de la liberté sur les débris de la tyrannie, l'empire de la raison sur les ruines du fanatisme et de la superstition.

Continuez, infatigables Montagnards ; les Sans-Culottes de Montluel vous en conjurent au nom de l'humanité : continuez; le trône du dernier des tyrans ne peut échapper à la foudre que la volonté nationale a mise entre vos mains.

Quant à nous, fidèles à nos serments, nous périrons plutôt que de reprendre des fers : des Français qui ont secoué le joug de la servitude ne balancent point entre l'esclavage et la mort.

Tels sont. Pères de la Patrie, les sentiments qui nous animent : mais il ne suffit pas de former de stériles désirs; le titre de Sans-Culotte n'est qu'un vain nom, s'il n'est appuyé de preuves qui excluent, à l'égard de celui qui le porte, toute idée d'usurpation ; les nôtres sont consignées dans le tableau que nous joignons ici ; elles vous prouveront notre amour pour la République, et l'attachement inviolable que nous avons voué à la sainte Montagne, centre unique où doivent tendre les vrais Républicains.

Dons faits a la patrie par les Sans-Culottes DE Montluel.

Février i jgS. — Trois quintaux de pain aux pauvres. Fête célébrée le i5 à l'occasion de la plantation de l'arbre delà liberté. iSy chemises, 287 paires de souliers, etc.

Mars lyqS. — Secours de 7,000 livres aux défenseurs de la patrie.

Août 1793. — Subsistances gratuites au bataillon de

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