CHAPITRE V
Bourg constate, à la date du 16 pluviôse, que le ministre de la guerre a3^ant fait demander par le Directoire de l'Ain des renseignements sur les opérations de ces commissaires, l'agent national du district répondit qu'en trois mois ils avaient plus dépensé que ne valaient les cloches.
Je t'observe, écrivit-il au président du département, que [es commissaires nommés Paquin et Bulay ont séjourné dans le chef-lieu du district pendant plus de trois mois, qu'ils ont parcouru une très petite partie du district, qu'il s'en faut beaucoup qu'ils se soient acquittés de leur commission ; en un mot, qu'ils ont dépensé et au-delà de la valeur des cloches qu'ils ont fait conduire à Bourg et que l'on ne sait ce qu'ils sont devenus.
Le Représentant du peuple Albitte, par son arrêté du 7 pluviôse an II, dont je joins un extrait, a ordonné la descente et l'envoi à la fonderie la plus voisine de toutes les :lûches existantes dans ce département, et par ce moyen [es commissaires envoyés'dans ce district deviennent inutiles.
Ce fait indique combien la nation profitait peu de ces mesures spoliatrices, et comment ces ressources, plus ou moins légitimes, étaient dévorées par les frères et amis. Cela du reste ne doit pas nous étonner, La troisième République ne ménage ni les deniers publics ni les droits acquis pour nourrir une foule de parasites de bas étage, qui n'ont pas d'autre mérite que de faire la cour à Marianne.