CHAPITRE VI
Le Comité de surveillance de Bourg s'explique sur le compte de dix détenus et fait enfermer huit dames. — Albitte frappe les riches -parle séquestre de leurs biens; arrêté du ig pluviôse (j février iyg4). Arrêté du district de "Bourg sur le même objet. — Fête décadaire du 2 0 pluviôse, abjuration publique de 83 prêtres ou religieux; plan et récits de la fête. — Combien d'ecclésiastiques abjurèrent dans chaque
I district, résumé des affiches nominatives; comment on fit signer la formule d'abjuration dans la prison de Brou. Discours impie d'un ex-vicaire cathédral prononcé dans le Temple de la Raison de 'Belley,
Les citoyens Dorfeuille, Millet, Bonnerot, commissaires nationaux, et Frilet, officier municipal, nommés par Albitte pour Fexamen des causes d'arrestation des personnes suspectes, s'adressèrent au Comité de surveillance de Bourg pour être rer.seignés sur le compte de dix détenus. Le Comité,par délibération du 1 8 pluviôse, les déclara tous plus ou moins coupables du crime de fédéralisme. Il implora Tindulgence d'Albitte pour trois d'eatre eux : pour le fripier Gros^ bon patriote qui ne s'était égaré qu'un instant; pour le chirurgie! Claude-Joseph Bottier^ homme de nature nobile, tantôt patriote, tantôt aristocrate, peu dangereux au demeurant ; et pour le notable destitué,
Philibert Dufour^ qui avait « chancelé au 3i may, )> mais était « de caractère à faire un bon républicain. » Quant aux sept autres, il signala leur incivisme dans les termes suivants, termes parfois désobligeants, mais qui ne sauraient offenser de la part de persécuteurs :
Pierre Jayr^ homme de loy, assez indifférent sur la chose publique jusqu'au 3i may, e'poque à laquelle il se re'unit aux fédéralistes, et soutint leur opinion et leurs démarches en allant au Jura comme cavalier. Depuis lors, il s'est tenu à l'écart et ne s'est point prononcé sur les succès qui avoient suivi les événements du 3i may.
Marie-Baltha^ar Golléty^ cy-devant président de l'élection, homme nul, d'une indifférence outrée sur tous les événements de la Révolution, qui cependant au 3i may se prononça en faveur des fédéralistes et fut au Jura en qualité de cavalier. Il a constamment évité toutes les réquisitions, soit en se faisant remplacer, soit en s'éloignant de la ville, et depuis son retour de Paris, il n'adonné aucune preuve de civisme ni manifesté une opinion favorable à la Révolution.
Nicolas Duclos, cy-devant entreposeur de tabac et financier dans toute la force du terme, homme emporté, d'un jugement très faux. Il joua le rôle de patriote jusqu'au 3i may, époque à laquelle il se décida pour le parti fédéraliste, qu'il soutint avec entraînement. Depuis il s'est tenu à l'écart et n'a jamais rien fait, quoique riche, en faveur dé la Révolution.
Jean-Marie-François Aynard , marchand, homme ignoré jusqu'au 3i m.ay, qui se déclara pour les fédéralistes et parut adopter leurs mesures.