CHAPITRE VI
Jean-Baptiste Midan-Chatillon^ homme de loy, peu connu jusqu'au moment" du 3i may. Il se réunit aux fédéralistes et se rendit au Jura. Depuis lors, il manifesta une opinion absolument opposée à celle de la Montagne.
Claude-Joseph Chambre^ ex-économe de l'hôpital et notable destitué, qui s'est constamment fait un mérite auprès des aristocrates d'une modération outrée. Il a favorisé l'enlèvement d'effets appartenant aux cy-devant religieuses de l'hôpital, et au 3i may s'est accosté de tout ce qu'il y avoit de fédéralistes.
Jean-Joseph-Bernard Perrot, cy-devant juge au tribunal du district, homme qui s'est tenu à l'écart depuis la Révolution, mais qui n'a pas moins manifesté une opinion de modérantisme dangereuse à la chose publique. Au 3i may, il se déclara en faveur du fédéralisme, et par ses liaisons avec ses partisans, parut en adopter toutes les opérations.
Les jours suivants, le Comité de surveillance fit arrêter par la garde nationale et enfermer à la maison de la Charité plusieurs citoyennes que nous allons nommer ; les griefs et le style qui concernent les premières sont des prodiges :
5 La veuve Ducro;{od, la nommée Boiivejrron, femme d'un cy-devant homme de loy, et la fille de Bi^et, ex-procureur ; attendu que depuis la révolution elles avoient ma-
ifcsté des principes contre-révolutionnaires, en cherchant a induire dans l'erreur les bons et bonnes citoyennes qui avoient assez de foiblesse pour les écouter dans leurs dis- ;ours tendants à fanatiser tous ceux qui les écoutoient : lue d'ailleurs leurs conduites n'avoient eu d'autre base
usc[u'à ce jour que de conserver l'ancienne religion, ou
43o QUINZIÈME ÉPOQUE.
autrement de suivre les sermons d'un tas de jean-f. de
prêtres qu'elles ont reçus et reçoivent journellement chez elles en formant des assemblées de leur secte.
2" La citoyenne Jalamonde mère, la femme Montessuy^ la Caillot^ sœur de l'émigré Colon, et la veuve Bachet^ toutes vraiment dangereuses à la chose publique et attachées par les liens du sang à des émigrés.
3» Céleste Leprêtre^ femme Crangeac et la mère dlvoley, parentes d'émigrés.
L'utopiste Proudhon a dit : La propriété, c'est le vol. Albitte pourrait être considéré comme un de ses précurseurs. Sous prétexte que les riches n'usaient pas de leur fortune au profit de la Révolution, il les évinça, comme suspects, de leurs biens, meubles et immeubles, et enleva même à leurs familles la disposition de leurs revenus, qui allèrent s'engouffrer dans une caisse ad hoc. Cette spoliation fut minutieusement, C3miquement réglementée par l'arrêté du 19 pluviôse, dont nous allons copier le préambule et les principaux articles.
Égalité^ Liberté.
Au NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.
ALBITTE^ Représentant du peuple, etc.
Considérant la profondeur de l'hypocrisie, la noirceur des trames, la perfidie des coalitions, la criminelle obscurité des correspondances et la continuité des intelligences contre-révolutionnaires des incorrigibles partisans de la royauté, de l'aristocratie et du fanatisme, de la tyrannie et du fédéralisme :