CHAPITRE II
sur la dénonciation de la municipalité; il est aux Saintes Claires.
18". — Philibert-Marie Monnier^ ex-juge de seigneur, aristocrate dès le principe de la Révolution, désarmé plusieurs fois par la commune; fédéraliste outré, et qui a constamment déclamé contre la Convention, et cherché à pervertir l'esprit public ; aux Saintes Claires.
19". — Gailliard, ex-conseiller du présidial, fédéraliste qui s'est porté au Jura dans la cavalerie, qui de plus a fait des voyages particuliers et était le grand ami du chef des rebelles, Valentin du Plantier ; il a insulté les patriotes de la municipalité dans un de ses membres ; aux Saintes Claires.
20». — Falconnet^ a recelé dans sa maison tous les fanatiques des deux sexes depuis la Révolution et a été plusieurs fois désarmé par la commune comme suspect ; aux Saintes Claires (i).
Sous ce prétendu régime de liberté, la moindre parole était un crime.
Le citoyen François Cyvoct^ officier municipal de Belley, fut dénoncé, le 26 octobre, par un habitant de Virieu-le-Grand, pour avoir dit : « que la loi du maximum feroit crever le peuple de faim, et que lui étoit décidé à semer du pélagrâ (plante fourragère) dans toutes ses terres, et qu'il désiroit que le blé valût cinquante livres la mesure ; que le pe jple le méritoit bien ^2^. »
(1) Registre du Comité de surveillance de Bourg.— Archives de l'Ain. (:) Registre du Comité de surveillance de Belley, déjà cité.
Ni les services militaires ni les services civils n'étaient une garantie de sécurité.
Le lieutenant-général de Prez-Crassier, qui s'était distingué à la bataille de Valmy, qui avait chaleureusement pris le parti de la Révolution à l'Assemblée constituante, ne fut pas moins dénoncé jusqu'à trois fois et subit en dernier lieu i6 mois de captivité dans la citadelle de Bayonne (de septembre 1795 à janvier 1797,. Au mois d'octobre 1793, il fut sans doute en butte aux persécutions du Comité de surveillance deGex. M. de laTeyssonnière a vu dans les archives de l'Ain plusieurs pièces de cette époque relatives à son arrestation. « On l'accusait de correspondre avec les émigrés, il se plaint avec violence des barbaries exercées contre lui (i). »
Le comte Douglas, très estimé dans sa commune de Montréal, s'en éloigne le 26 octobre, et se rend à Nantua pour ses affaires et pour faire viser son cerrificat de résidence. Le président du Comité de surveillance s'empresse de le faire arrêter. Mais le même jour, le Conseil général de Montréal s'assemble et invite le Comité à lever l'arrestation, en déclarant « qu'il a toujours eu l'œil le plus attentif sur la conduite du citoyen Douglas, qui lui a constamment paru conforme aux principes de la Révolution et de la République, une et indivi-
(i) Manuscrit de M. de la Teyssonnière.