CHAPITRE Vlll
roidement féroces : « Balleydier, ton amant, est un honête homme, je le sais, mais c'est un royaliste ; il ne peut onc vivre sans danger pour nous sur le sol de la Répulique : il mourra. » Alors la malheureuse femme avait uivi à Lyon celui qu'elle n'avait pu sauver : elle voulait ssister à ses derniers moments, recevoir son dernier égard et son dernier soupir. Par l'entremise d'un prêtre ssermenté, elle parvint à lui procurer les consolations eligieuses, à lui transmettre l'assurance de sa foi. a Puisue je ne puis la lui jurer devant Dieu, dit-elle, ce sera levant le bourreau ; l'échafaud nous servira d'autel. » nie tint parole : profitant des premiers moments d'agitaion que la lutte de Meillonas avec Ripet avait occasionnée utour de l'échafaud, elle perça la foule, s'élança vers la ictime au moment où l'un des aides exécuteurs s'en emlarait, et s'écria en lui montrant le ciel : « A bientôt, mon mi; va, je te rejoindrai et les méchants n'auront plus la luissance de séparer ce que Dieu aura uni. A bientôt, épéta-t-elle en ne perdant aucun mouvement de ce drame lorrible, à bientôt ! » Deux mois après elle était aorte (i).
Le plus recommandable et le plus regretté des uppliciés du 26 pluviôse fut le sylviculteur Varejine de Feuille^ que la science avait tenu à 'écart de la politique. Nous avons parlé de sa :aptivité dans la notice biographique mise en tête le nos Études sur ses œuvres. Nous n'avons plus [u'à rapporter les lignes que M. Delandine lui a
(i; Histoire du peuple de Lyon. t. II, p. 378.
Une gravure représente la scène touchante de l'adieu au pied de i'échatud,
consacrées ainsi qu'à ses compagnons d'infortune^ à propos de la fatale sellette sur laquelle ils se soni assis un instant devant la Commission révolution naire :
Ici ont paru, dit-il, et n'ont pu éviter leur funeste sor les deux Millanois, ces nombreux habitans de Bourg parmi lesquels on voyoit ce Populus, député à l'assemblé constituante, et qui n'y fut ni factieux ni méchant. Arri vés tous de la veille, ils disparurent le lendemain. Tou les municipaux de Bourgoin, de Montluel, eurent lamêm destinée. Devant ce tribunal, sur cette sellette,... on ce Varenne de Fenille, le meilleur agriculteur de France qui ne s'occupa que de l'amélioration du sol de la patrie et ne rêva qu'aux moyens de rendre la nourriture de l'in digent plus salubre et plus abondante (i).
Supputons maintenant les victimes d'Albitte. 1 avait envoyé à la mort deux séries de détenus Tune le 3o nivôse et l'autre le 24 pluviôse. L première, dont nul auteur n'a parlé avant nous comprenait six de nos concitoyens, et la second dix-huit.
Quinze de ces dix-huit périrent le 26 pluviôse Que devinrent les trois autres ? Deux furent mi en liberté par jugements des 29 et 3o ventôse Henry d'Oraison^ 55 ans, général de brigade natif d'Aix (Bouches-du-Rhône), demeurant
(i) Tableau des prisons de Lyon. 3« éd., p. 23i.