CHAPITRE m
dont quatre cents seraient occupés au battage. Quatre cents ! pas même un par commune ! Ce n'était là qu'un prétexte pour répandre dans les campagnes les apôtres les plus violents de la démagogie •, on s'en convaincra en lisant les articles suivants :
Article I". — Il sera formé, dans le délai de quinzaine, à compter du jour de la réception du présent arrêté, dans chacun des départements de l'Ain, Jura, Côte-d'Or, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Rhône, Loire, Isère, Mont- Blanc et Drôme, une armée révolutionnaire composée de mille hommes.
Art. II. — Sur ces mille hommes, quatre cents seront organisés en compagnies de batteurs, et employés à battre les grains jusqu'à ce que cette opération ait été consommée ; alors ils se réuniront à leurs autres frères d'armes .
Art. III. — Cette armée sera composée de républicains bien prononcés ; ils seront nommés par les administrateurs des départements, sur les listes qui leur seront envoyées par les sociétés populaires...
Art. X. — Il sera nommé deux commissaires pour parcourir chaque département. Ils seront à la tête de Tarin ée révolutionnaire qui sera chargée d'exécuter leurs ordres. i
Art. XVI. — Aussitôt que les armées révolutionnaires seront organisées, celle de la Côte-d'Or se rendra dans la Haute-Saône ; celle de la Haute-Saône dans la Côte-d'Or; celle du Jura dans l'Ain; celle de l'Ain dans Saône-et- Loire; celle de Saône-et-Loire dans le Jura; celle du Rhône dans la Loire ; celle de la Loire dans le Rhône ; celle
de l'Isère dans le Mont-Blanc ; celle du Mont-Blanc dans la Drôme et celle de la Drôme dans l'Isère (i).
De la question des subsistances revenons à celle des proscriptions. En ce temps de subversion sociale, la liberté individuelle est constamment en jeu.
Le 26 octobre, le Comité de surveillance de Chalamont met en état d^arrestation les citoyens Oianam et Bailly^ et les fait conduire à la prison de Bourg par un sergent et deux soldats de la garde nationale. — Cet Ozanam était probablement Taïeul de Téminent historien, fondateur de la société de Saint- Vincent de Paul; à coup sûr il appartenait à la famille du mathématicien Ozanam, que mademoiselle de Monîpensier nommait riiojineur de sa Bombes.
Le même jour, le directoire de PAin délègue le citoyen Peysson, Tun de ses membres, pour aller vérifier à Pierre-Chatel si les détenus boivent de l'eau croupie et ne peuvent se procurer des aliments, comme ils le disent dans leurs plaintes. Le rapport du délégué leur donne sans doute raison ; car le 4 novembre, le directoire décide que les prisonniers seront transférés à Tabbaye d'Ambro-
(i) Les représentants du peuple envoyés par la Convention nationale près l'armée des Alpes et dans divers départements de la République. Proclamation et arrêté du 3o octobre 1793. Bourg, 4 p. in-40 — Ph. L.D.