‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 47 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

sa famille au nombre de laquelle se trouvoit l'exposant; que depuis il a constamment resté attaché au service de France, et qu'enfin le dit Louis Archambaud Douglas a toujours de même habité ce pays cy, à part quelques absences pour vaquer à ses affaires dans l'étendue de la République françoise.

Ouï le procureur de la commune,

Le Conseil général de la commune ne pense pas que l'exposant puisse être considéré comme assujetti aux formalités prescrites par la loi du 6 septembre dernier, et arrête que, pour éviter les interprétations qu'on pourroit donner à la dite loi à son égard, il déclare que ledit Louis Archambaud Douglas a dans toutes les occasions donné des preuves de son civisme soit par ses discours ainsi que par ses écrits, tel qu'il en est attesté par un procès-verbal du comité de surveillance de cette commune, en date du deuxième jour de cette décade; que, depuis le commencement de la Révolution, il s'est toujours conduit en bon i citoyen ; qu'à cette époque, il a été nommé commandant de notre garde nationale, dont il remplissoit encore les fonctions à la fédération du 14 juillet 1791 ; qu'au mois de septembre suivant, il a fait don d'un drapeau à notre municipaHté, et que, dans les différentes levées de volontaires qui ont eu lieu dans cette commune, il a prouvé son zèle par ses dons et discours à encourager l'ardeur de nos braves défenseurs ; enfin que dans diverses circonstances il u obtenu des certificats de civisme de cette commune, notamment ceux en date du 19 décembre 1791, du 28 mars 1792 et du 27 septembre suivant.

De tout ce que dessus il a été dressé le présent procèsverbal, que ledit Louis Archambaud Douglas a signé avec nous les jour et an que dessus. Signé au registre : Beys- 901 j maire, Robin, Beysson^ Douglas^ Meunier^ Vossel,

Meunier, Pel, Bourdeyron, Macon^ procureur, Prost et Robin ^ secrétaire.

Robin, secrétaire (i).

Le même jour, 6 novembre, le duc d'Orléans (Louis-Philippe-Egalité) monta courageusement sur l'échafaud, après six mois de captivité, expiant ainsi ses complaisances révolutionnaires et son vote régicide.

L'abbé de Montgaillard donne de piquants détails sur ce prince, à propos du décret d'arrestation rendu contre lui et tous les Bourbons, séance du 6 avril 1798 :

Pendant cette séance, dit-il, il se passait au Palais-Royal une scène qui peint les hommes de cette époque. M. de Monville, homme d'esprit et de plaisir, vivait dans l'intimité du duc d'Orléans (Egalité). Cet épicurien, renommé par son amabilité non moins que par les délices de son intérieur, aimait le jeu avec passion. Le duc d'Orléans le visitait souvent au Désert, maison de campagne dont M. de Monville avait fait un chef-d'œuvre de l'art et du goût. Le 6 avril, ils jouaient au Palais-Royal tête à tète, lorsque M . de Monville observa que l'heure du dîner était sonné depuis longtemps. On le servit sur la table même du jeu, mets par mets. Pendant ce repas, l'on discutait à la Convention sur le sort du prince. Merlin (de Douai) vint le lui annoncer. Ce député allait et venait de la salle du Manège au Palais-Royal, pour rendre compte de la tour-

(1) Copie authentique, suivie des approbations en original du comité de surveillance de Montréal et des administrateurs du district. •— C" D,

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