‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 50 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

agréables, sur ses titres de gloire, dont voici le résumé :

Incorruptibilité. Le prévost de la maréchaussée, dont il était le perruquier, lui offre un jour une filoche d'or, en lui disant : « Cher ami, voilà pour commencer ; décide-toi à servir le parti des honnêtes gens, et tu seras plus heureux que de mourir de faim avec la canaille. » Bouclet, furieux de se trouver « avec un pareil scélérat, » saisit sur la table deux pistolets (cela se passait chez le prévôt), et l'oblige ainsi que son domestique à lui ouvrir la porte « pour respirer Tair de la liberté. »

Fermeté de principes. Après avoir vainement protesté contre Télargissement des suspects arrêtés par ordre d'Amar et Merlino, il dénonce à ces représentants la faiblesse des administrateurs. — Il s'oppose à ce que les autorités constituées entrent dans la ligue fédéraliste, et, pendant qu'on déhbère, « il s'empare du registre, les Sans-Culottes le suivent, les aristocrates se dispersent, » et, grâce à son audace, la commune de Trévoux « échappe à l'infamie (i). »

Courage oratoire. A Villefranche, il pérore contre la tyrannie. « Les rois, dit-il, sont des monstres, les trente-deux (Girondins) sont des traîtres, des assassins de la liberté : Sauvez-la, Sans-

,0 Si le fait est exact, il s'applique seulement à la commune de Trévoux, car il est positif que le district de Trévoux suivit le mouvement girondin.

Culottes, sauvez-la cette idole du genre humain et surtout du peuple français ; arrachez-la des mains de ses bourreaux ! » Des cris partent de la foule : Cest un chien courant de la Montagne^ s'écrient les aristocrates ; qu'ofi l'aj^rête et qu'on Venchainel » On Tentraîne à la municipalité; il se croit perdu ; il s'imagine « que les cachots de Lyon doivent s'ouvrir pour lui et ne lui laisseront voir le jour que pour porter sa tête sur Féchafaud. » Mais « la portion du peuple qui n'était point égarée frémit du danger qui le menace, » se précipite et le délivre.

Dernier trait de civisme. Bouclet s'aperçoit qu'on a détourné des toiles d'une blanchisserie séquestrée comme propriété d'un rebelle lyonnais. Il retrouve les ballots de toile en divers entrepôts, les fait transporter à la maison commune et se flatte d'avoir recouvré au profit de la République une valeur de quinze cent mille livres. Le citoyen Bugnon, qu'il accuse de ces détournements, est acquitté par le tribunal de Bourg; mais comme tout doit être superbe dans les faits et gestes de Bouclet, ses panégyristes prétendent que l'acquittement a été obtenu par des manœuvres ténébreuses (i).

{i) La société épurée des Sans-Culottes de Trévoux... Traits de civisme du citoyen Bouclet fils aine., l'un de ses membres. 8 p. in-8. — C" D.

Cet écrit est signé par Tollet, président, Naverot, commissaire, Debotière et Char les, secrétaires. '

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