‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 51 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

N.-B. Nous ne garantissons nullement ces diverses prouesses, attendu qu'elles sont tirées d'une brochure écrite par les amis de Bouclet. Des faits nous le montreront plus tard sous un autre jour (voir la fin du ch. viii, XIV*^ Epoque).

L'attaque contre la religion avait commencé en 1790 par la constitution civile du clergé. De défaillance en défaillance, le culte officiel était descendu jusqu'à l'incrédulité. Le triomphe de la Montagne amena le triomphe de l'athéisme. Le 1 7 brumaire an II (7 novembre 1793), dans une scandaleuse séance de la Convention, l'évêque de Paris, Gobel, une partie de ses prêtres et d'autres prélats font abjuration de la foi catholique. L'évêque Grégoire refuse seul de suivre leur exemple et motive courageusement son refus. Trois jours après, « le délire irréligieux est à son comble, dit l'abbé de Montgaillard; la Convention décrète (20 brumaire) que le culte catholique sera remplacé par le culte de la Raison, auquel l'église de Notre-Dame de Paris est dédiée. On verra, aux jours consacrés, une prostituée assise sur l'autel figurer la déesse du lieu, l'on entendra l'académicien Laharpe nier l'existence de Dieu; ce littérateur, perché sur le maître-autel de Notre-Dame, un bonnet rouge à la main, anathématisera Jésus-Christ, et le défiera de

faire éclater sa puissance. Les autres églises de Paris seront mises sous l'invocation d'êtres métaphysiques, de la liberté, de FAmour conjugal. Les sectaires de la déesse de la Raison, renouvelant les fureurs des iconoclastes, briseront les statues, déchireront les tableaux qui retracent, de quelque manière, le catholicisme ou la royauté (i). »

La veille du décret instituant le culte de la Raison, le directoire de l'Ain chasse les religieuses des écoles et des hôpitaux, comme on le fait aujourd'hui (1880), attendu « qu'il en est peu qui ne soient imbues de principes inciviques ou fanatiques, et que leur destitution et leur remplacement par des personnes qui réunissent les vertus civiques aux talents sont de l'intérêt le plus pressant. » Nos administrateurs décident aussi que les femmes et filles, destinées à remplacer les religieuses, seront présentées par les sociétés populaires sur des listes qui seront visées par les comités d^ surveillance. Il va sans dire que les places vacantes furent données par les Sans- Culottes municipaux à leurs femmes, filles ou parentes, sans souci de leur aptitude, et que les dites citoyennes n'exercèrent point leurs fonctions gratuitement.

(i) Hist. de France depuis l'assemblée des Notables, y édition, t. IV, p. i58.

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