CHAPITRE VI
officiers publics et chargés d'accompagner les morts à l'e'glise et de s'assurer de leur enterrement.
Trois notes du manuscrit de M. de la Teyssonnière nous ramènent à la persécution des citoyens. La première concerne rhonorablejTamiljeiç/e la Cottière ; la deuxième se rapporte aux détenus de Pierre-Châtel, dont le transfert à Tabbaye d'Ambronay, décidé le 4 novembre (Ch. III ci-dessus), n'était pas encore effectué le 25 ; la troisième donne quelques détails sur le docteur Moustache^ qui se trouvait alors à Pont-d'Ain :
i»' frimaire an II (21 novembre 1793.) — La Cottière. avait donné à la société populaire de Geyzériat un mémoire justificatif de sa conduite. La société populaire l'examina; on mit aux voix sa suspicion. Le scrutin lui fut favorable ; et le mandat d'arrêt rendu le 2 1 brumaire an II contre lui fut révoqué, à charge de ne pas sortir de C^yzériat sans permission. Cela fut un exemple rare de modération, vu la perversité de cette époque.
5 frimaire (2 5 novembre). — Demande de détenus à Pierre-Châtel. Ils ne veulent pas être transférés à Belley, mais à Ambronay. Voici leurs noms : O'Brien, Bohan., C.'iossat, Chaland, Crosette, Varenne, Debost, Cochet, d'Oraison. Curnillon, Aiiger, Robin, Picquet puîné, Marrcn, Populîis, Loup, Renaud, Baillout et Bon fils. Ils a\ oient d'abord été emprisonnés aux Saintes-Claires.
6 frimaire (26 novembre). — Dénonciation contre le docteur Moustache, demeurant au Pont-d'Ain, où il fait biitir une maison, où il dépense 5o livres par jour. Il a une
femme, une fille, trois domestiques; il se dit me'decin ambulant. Le comité de surveillance de Pont-d'Ain est consulté, il déclare qu'il est vrai qxi'Antoine Maillât dit Moustache a fait construire au Pont-d'Ain une maison qui lui a coûté huit à neuf mille livres; qu'à son arrivée au Pont-d'Ain il avoit deux beaux chevaux, sept chiens, deux domestiques; que tout cela n'y est plus; que la mère est partie; que l'autre femme n'est pas sa fille ; qu'il ne parle jamais de révolution; qu'il a des armes, fusils, sabres et pistolets.
Un autre document nous apprend par quelles libéralités le comte Douglas, dont nous avons parlé, Ch. II et IV, désarma le comité de surveillance de sa commune. La délibération municipale de Montréal, du 2 frimaire an II, porte :
1° Que Louis Archambaud Douglas, « pour donner un nouvel essor aux courages des braves défenseurs de cette commune employés dans nos armées, » abandonne le brevet d'une pension viagère de 200 livres à lui accordée « en considération des services de feu son père » et en fait cession au soldat de la commune qui se distinguera le premier par une action d'éclat.
2° Que ledit Douglas, « profondément pénétré du grand principe que tout citoyen doit concourir au succès de la Révolution, w fait don à la patrie d'une créance de 6,56o livres sur le Trésor avec les intérêts arriérés de trois ans.
3'' Que ledit citoyen, quoique exonéré de Tem-