‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 8 sur 291 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

44 Girondins prévenus de conspiration, confirma la mise hors la loi de 20 déjà déclarés traîtres à la patrie (28 juillet), et ordonna l'arrestation de 74 autres, signataires des prostestations des 6 et 19 juin. Parmi ces derniers se trouvait Tévêque constitutionnel dePAin, M. Royer.

Carra était incarcéré à l'Abbaye depuis le mois de juillet. Il avait déjà présenté sa justification dans trois écrits 'i}.

Dans le premier, il disait au président de la Convention :

Citoyen Président,

Permettez que /observe a la Convention nationale que des opinions politiques, des suppositions de journalistes relatives à un changement de dynastie et publiées longtemps ayant l'abolition de la royauté en France^ et dans le temps même où régnoit une dynastie coupable, ne peuvent, aux yeux des hommes justes et de bonne foi, incriminer sous aucun rapport le patriotisme et la probité républicaine de celui qui n'a cessé de déclamer contre toas les tyrans de l'Europe, rois ou princes indistinctement; qui a dévoilé si souvent et toujours d'avance leurs atroces complots et leur politique odieuse, de celui qui peut prouver par cent cinquante mille lettres les services immenses qu'il a rendus à la Révolution et à la cause

(:) Lettre du citoyen Carra au président delà Convention nationale, daiée de V Abbaye le 4 août, l'an Jlde la Rép. française. Un feuillet ia- 4°- — Excès de lâcheté, d'injustice et d'atrocité. Un feuillet in-4». — A la Co.tvention nationale, de l'Abbaye ce 26 septembre 773^. Un feuillet in-4.''. — C'oD.

lO TREIZIÈME ÉPOQUE.

sacrée du peuple, et qui a dirigé par ses conseils la sainte insurrection du lo août.

Dans le deuxième, il rappelle qu^à la séance du 28 juin il interpella tous ses collègues et les défia de produire la moindre preuve contre son dévouement au peuple et à la liberté.

Dans le troisième, il dit à ses collègues :

Citoyens représentans, J'ai été nommé représentant du peuple par dix départements, et, comme chacun de vous individuellement, j'appartiens à la nation entière. Cependant malgré ce titre qui nous est commun, et sans qu'on ait produit aucune espèce de pièces ou de preuves d'aucun genre contre moi ; sans avoir même été interrogé, et sans qu'on ait voulu mettre les scellés sur mes papiers, je gémis depuis deux mois dans les fers. Ainsi on viole, sans aucune raison connue à mon égard, et sous vos propres yeux, les droits sacrés de l'homme, ceux de la représentation nationale, et ceux de la sainte constitution que j'ai faite avec vous et que nous avons tous acceptée et jurée...

Quand il fut décrété d'accusation et avant d'avoir en mains le rapport d'Amar, il publia un précis de sa défense (i), basé «sur les calomnies si souvent répétées contre lui depuis quatre ou cinq mois, » En voici le début : i

Citoyens Juges et Jurés,

L'homme qui paroît aujourd'hui devant votre tribunal,

est le même qui depuis vingt ans, fait la guerre aux tyrans

(i) Précis de la défense de Carra, député à la Convention nationale, contre ses accusateurs. Paris, an II, 60 p. in-8. -— C* D.

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