‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 9 sur 291 · CHAPITRE PREMIER. I I · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. I I

et prêche la liberté des nations; — ... qui, depuis quatre ans, a donné les premiers élémens de cette liberté et de l'égalité civile à plusieurs millions d'hommes, à ceux-là même qui l'abandonnent ou le persécutent en ce moment, — qui, dans ses feuilles patriotiques a désigné, comme dignes d'être appelés à la législature et à la Convention ime grande partie de ceux qui siègent à la Montagne, et, qui, par erreur ou par surprise, l'ont décrété d'accusation pour prétendue cause de royalisme et d'intention contrerévolutionnaire...

Le rapport d'Amar lui a3'"ant été signifié le 23 octobre, il réfuta, le jour même, trois erreurs de fait (i), et se plaignit de la légèreté de l'accusation :

Par les trois faits que je viens de relever, vous pouvez juger, Citoyens, des bases sur lesquelles sont fondés les autres chefs d'accusation contre moi. Je ne me permets aucune réflexion ; mais il est bien étrange que des législateurs qui doivent être justes, impassibles et véridiques comme la loi, n'aient pas mis plus d'exactitude dans un rapport où il s'agit de l'honneur et de la vie d'un citoyen. O rage de la calomnie ! ô aveuglement ! ô ma patrie !

Dès le lendemain, 24 octobre, le procès commença et dura jusqu'au 3o, jour de la condamnation.

Carra se défendit habilement de l'inculpation de tendances royalistes :

(i) Carra à ses concitoyens de tous les départemens. De la Concier' g erie, ce 2 du deuxième mois de la République française, une et indivisi- 4 p. in-8. — Cf D.

Le président. Comment avez-vous pu vous persuader qu'un tyran, quel qu'il soit, pût faire le bonheur des Français ?

L'accusé Carra. J'étais bien loin d'avoir cette opinion mais en flattant tantôt le duc d'York, tantôt le duc de Brunswick, je suis parvenu à brouiller ce dernier avec la maison d'Autriche, puisque de général qu'il était l'année dernière, il ne commande plus qu'une simple division.

Le président. Vous qui prétendez dans vos écrits avoir témoigné la plus grande horreur pour les rois, comment avez-vous pu vous livrer à une adulation si basse envers Brunswick, jusqu'à dire que s'il venait à Paris, on le verrait en bonnet rouge aux Jacobins ?

L'accusé Carra. C'était pour humilier la maison d'Autriche, et pour lui rendre suspect Brunswick, que je faisais l'éloge de ce dernier (i).

Carra fut condamné à mort, le 3o, octobre, à onze heures un quart de la nuit, avec ses vingt compagnons d'infortune : Brissot, Vergniàiid, Gensonné., Dtiperret, Gardien.^ Vala^é, Dupi^at, Sillery, Fauchet, Ducos, Boyer-Fonfrede, La- Source, LesserpUBeauvais.^Duchatel, Mainvielle, Laca:{e, Lehardy, Boileau, Antiboul et Viger. Carra était le cinquième sur la liste.

Pendant le prononcé du jugement, Valazé s'enfonça un poignard dans le cœur. « Je requiers, dit l'exécrable Fouquier-Tinville, i° que deux huissiers conduisent près de lui des officiers de santé, 2° que, dans le cas oià le condamné se serait, par

(i) Procès des Girondins dans Bûchez et Roux, tome xxix, p. 472.

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