CHAPITRE PREMIER. IjS
son baume démocratique. Il eut aussi l'adresse d'échapper à Dumouriez qui voulait le faire arrêter. Il fut plus heureux que les quatre commissaires de la Convention et le ministre de la guerre, pris, le 2 avril suivant, par les hussards du général et bientôt réduits à réfléchir, dans les prisons d'Autriche, au danger de l'espionnage militaire (i).
Les dernières élections de 1 792 avaient porté à la municipalité de Bourg plusieurs des futurs terroristes de l'Ain : Blanq-Desisles, RoUet, Convers, Chaigneau. Leur influence tyrannique à Tégard des fonctionnaires et des honnêtes gens se fait plus 'fortement sentir après la mort du roi. Les dénonciations se multiplient \ les suspects sont mis en prison ou tenus aux arrêts dans leur domicile. Les despotes plébéiens ne peuvent toutefois empêcher la municipalité de délivrer la plupart des certificats de civisme qui lui sont demandés.
Mais voici venir les représentants Amar et Merlino qui les annuleront en bloc.
En attendant, citons un exploit de nos nouveaux seigneurs et maîtres.
Le 25 janvier, le Conseil général de la commune
;i) Les cinq prisonniers, MM. Camns, Lamarque, Quinette et Bancal, mïmbresde la Convention, et le comte de Beurnonville, ministre de la gcerre, subirent trente mois de captivité; ils furent échangés le 25 décembre 1795 contre l'orpheline du Temple.
arrête « que le citoyen Reydellet demeure chargé de se présenter au Directeur du juré pour dresser, concurremment avec luy, Pacte d'accusation contre le citoyen Badon, dont la procédure a été renvoyée au tribunal criminel de cette ville. »
M. Badon, directeur de la poste aux lettres, était détenu avec M. Perruquet sous prévention de correspondance et intelligence avec les émigrés.
Le dimanche .27 janvier, le juré d'accusation du tribunal rendit son ordonnance dans les termes suivants :
Par ces motifs le tribunal dit, qu'il n'y a pas lieu à dresser acte d'accusation contre les citoyens Perruquet et Badon : en conséquence ordonne que lesdits Perruquet et Badon, qui sont de'tcnus, seront mis en liberté. A cet effet le présent jugement sera, à la diligence du commissaire national, signifié ou notifié aux officiers municipaux de cette ville, en la personne de leur secrétaire greffier.
Fait au prétoire à huis clos, les jour et an que dessus. Signé au registre Ckesne, Brangier, Chaland, Populus, Favier, directeur du juré et Enjorrant fils, commissaire national (i).
Nous verrons plus loin que ce jugement ne mit pas les prévenus à Tabri d'une nouvelle arrestation.
(i) Péhtion et mémoire à la Convention nationale contre des arrestations arbitraires/ailes par ordre des citoyens Amare Merlinot, commissaires conventionnels envoyés dans le département de l'Ain. Pièce justificative A. Paris, mai 1793. vi-48 p. in-8, — Ph. L D.