CHAPITRE III
Dès le jour de la distribution des mandats d'arrêt, ils excitèrent un mécontement ge'ne'ral dans la ville, et le peuple s'en plaignit vivement. Le Conseil général de la commune, assemblé le 23, en donna la levée, et ma liberté me fut rendue.
L'ouverture des lettres, livrée à deux officiers municipaux, souleva aussi Tindignation publique. Dès le 25, le Directoire décida que cette odieuse mesure ne porterait que sur la correspondance des personnes notoirement suspectes et que les lettres ne seraient ouvertes qu'en présence d'un comité ,'i).
Thomas Riboud et quelques citoyens, trop légèrement qualifiés de suspects, furent maintenus en liberté. Mais à Fégard des autres, Tarrêté des commissaires reprit sa vigueur, et les arrestations continuèrent. Après ce don de joyeux avènement, nos gracieux souverains étaient partis pour le Bugey. Pendant qu'ils inaugurent dans cette région larépublique aimable, parlons de deux arrestations u: firent grand bruit : celles de M""* de Bouvens-
hastillon et de M"^ Elisabeth dlvoley.
M™^ de Bouvens^ née Marron de Belvey, veuve maladive, âgée de soixante ans, vivait paisible -
(i) Arrêté du Directoire du dépi\rtement de l'Ain, relatif à Vouverlure I Lettres et paquets, du 2 5 mars, l'an second de la République française. irj, 1793,4 p. in 4. — Ph L.D.