‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 116 sur 275 · Tome IÎI. I · texte numérisé non relu

Tome IÎI. I

20Ô WXIÈME ÉPOQUE.

ment à Saint-Rambert dans une modeste et petite maison. « Dans la nuit du 26 au 27 mars, on investit sa demeure; on force ses portes, et un citoyen, juge de paix, ayant à sa ceinture deux pistolets, après avoir fait ce siège, s'empare de la prévenue et des citoyens ses domestiques. » Elle était accusée de correspondre avec le ci-devant comte d'Artois, « par l'entremise d'un parent qui, pour elle, avoit fait passer aux émigrés, parmi lesquels étoit son fils, une somme de vingt mille livres, résultat de la vente de ses chevaux et de son argenterie. » Tout cela était faux : M'"^ de Bouvens n'avait point de fils, n'ayant jamais eu le bonheur d'être mère ; l'un de ses chevaux était vendu depuis deux ans, l'autre depuis le 24 juin 1792, et toute son argenterie fut trouvée chez elle et inventoriée lors de la visite domiciliaire (i).

Le juge de paix, Vincent, n'en traduit pas moins sa prisonnière à Bourg, et « requiert la municipalité de se transporter chez le citoyen Belvey, à l'effet de s'assurer si Ton ne trouvera rien qui puisse constater sa complicité avec cette citoyenne ; on obtempère, et après la perquisition la plus scrupuleuse, Vincent se retire en disant : « 11 n'y a pas moyen d'arrêter ces gens-là ; il n'y a pas, «dans

(i) Cette dénonciation est longuement rapportée dans une lettre d'Amar et Merlino, du 7 avril 1793, transcrite sur le registre du Conseil général, à la date du 24 du même mois.

Page 1