‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 119 sur 275 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ait entretenu ou favorisé médiatement des correspondances avec le chevalier Divoley ou avec d'autres émigrés ;

A répondu n'avoir sur ce aucunes conuoissances personnelles ; mais avoir ouï dire, il y a environ deux mois, que la femme dudit citoyen et la citoyenne Hurreville, bellesœur dudit citoyen Desisles, recevoient des lettres du chevalier Divoley, par lesquelles les dites femme et bellesoeur dudit citoyen Desisles avoient des nouvelles du citoyen Fraize, ami de la maison Desisles, et émigré.

Interrogée si elle a connoissance que le citoyen Desisles ait participé personnellement à ladite correspondance ;

A répondu avoir ouï dire que cette correspondance étoit connue du citoyen Desisles (i).

Gouly a cité ces pièces pour montrer que Blanq-Desisles n'était pas sincèrement patriote comme il s'en vantait dans sa Vie révolutionnaire. A propos de l'interrogatoire, il apporte un nouveau témoignage des relations équivoques de ce Brutus, et, à propos de la lettre, il fait la réflexion suivante :

Que ce Blanq-Desisles, habitué à flagorner les ci-devant lorsqu'il étoit comédien et quand il est devenu marchand de cuivre pour de l'or, ait, malgré la loi et étant fonctionnaire public, correspondu avec eux; qu'ensuite il ait été fédéraliste en mai et juin, cela n'étonnera personne: mais qu'en juillet et mois suivants il se soit fait chef de toutes les factions dans le département de l'Ain ; qu'il en ait opprimé tyranniquement tous les habitants pendant quatorze

<i) Recueil de prières de Gouly, citée ci-dessus. Treizième pièce, p. i8.

mois ; qu'il ait désigné ses victimes et fait couler le sang innocent avec celui de quelques coupables ; qu'il ait provoqué l'insurrection contre la Convention nationale en plusieurs circonstances, et cherché constamment à l'avilir ; qu'il ait cherché à faire déclarer en rébellion un pays qui l'avoit accueilli, tiré de la misère, et lui avoit accordé quelque confiance ; qu'il ait enfin voulu passer et faire passer ses suppôts pour des patriotes par excellence, et faire égorger tous les détenus par l'organisation d'une insurrection et d'une nouvelle Saint- Barthélémy, c'est ce qui crie vengeance et doit servir de leçon aux hommes probes aimant la liberté et l'égalité pour elles-mêmes.

Les commissaires Amar et Merlino revinrent du Bugey à Bourg, le 3i mars (i). Les montagnards de notre municipalité, Blanq-Desisles, Albant, Chaigneau, Rollet et Convers, qui avaient une revanche à prendre, entourèrent les deux proconsuls, captèrent leur confiance, et leur présentèrent la « réunion si touchante » du 7 mars « sous les

(i) Ils étaient arrivés à Belley, le 22 mars, et avaient mis en état d'arrestation le procureur-syndic du district, le citoyen Vettard-Piot compromis dans la vente du mobilier de l'émigré Montillet Vettard-Piot se défendit comme un beau diable dans son Exposé de la conduite du citoyen Vettard-Piot , procureur-syndic du district de Belley, et des faits qui ont occasionné un mandat d'arrêt contre lui. Paris, 8 juin 1793, 16 p. in-4. — Ph. L.D.

Mais il fut accablé dans deux écrits intitulés : Mémoire contenant dénonciation présentée à l'accusateur public du département de i'^JM, signé Siriat. S. 1. n. d. 16 p. in-4"'. — Justification de la conduite du citoyen Dumarest, administrateur du district de Belley, dans la vente du mobilier de l'émigré Montillet ; accusation contre Vettard-Piot ci-devant procureur-syndic du même district, pour cause de falsification des minutes de ladite vente et soustraction des effets dudit mobilier. Belley, 1793, 12 p. in-4». — Pli> L.D.

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