‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 134 sur 275 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

osez nous dire, de sang-froid, que vous avez fait des découvertes desquelles dépend le salut de la patrie!... Ah! cessez d'insulter aux malheureux que vous avez faits. (Page 16).

Et qui le croiroit? Merlino, l'un des deux commissaires, est député du département de l'Ain à la Convention : il est domicilié à Trévoux, et la contrée, qui plus spécialement lui a donné sa confiance, celle qui devoit principalement trouver dans ce député un défenseur contre l'oppression, est précisément celle qu'il préfère pour être le théâtre d'un pouvoir arbitraire dont il dirige les coups.

Nous nous attendons sans doute à voir les deux commissaires se présenter à la tribune, et venir s'écrier : « Et o nous aussi, nous avons sauvé la patrie : sans nous, les t vapeurs infectes de l'aristocratie auroient couvert le dé- « parlement de l'Ain ; saas nous les conspirateurs de touo tes les couleurs alloient triompher; sans nous, une cono tre-révolution pareille à celle qui se manifeste dans la Vendée alloit éclater : nous avons rendu la vie aux patriotes assoupis, relevé leur courage, ranimé leurs espérances ; nos opérations étoient indispensables, nécessitées par les circonstances... »

Non, citoyens Amar et Merlino, non, la Convention, qui vous a donné une mission importante, ne se satisfera pas de phrases insignifiantes; elle vous jugera sur vos actions; elle vous mettra sous les yeux notre rapport, auquel vous ne pourrez répondre que par votre repentir ; elle vous demandera compte des cris et des gémissemens que vous avez excités et qui retentiront longtemps dans nos cœurs; elle vous demandera compte des dénis de justice que vous avez fait éprouver à cinq cents de nos concitoyens qui, fus5 ent-ils coupables, ce que vous ne deviez ni dire ni présumer, dévoient obtenir des juges, dévoient surtout être Tome III. 14

remis à ceux que la loi leur donnoit, h ceux dont vous avez paralysé les fonctions en abusant de votre pouvoir... (Page 22).

Trois des pièces justificatives qui accompagnent le mémoire méritent encore notre attention.

Le 16 mai, pendant que les proconsuls se reposaient à Fareins, ils se donnèrent le plaisir (faire le mal est le plaisir des méchants) d'écrire la lettre et l'arrêté qui suivent :

Fareins, le 16 mai 1793, Tan 2 de la République française.

Les Représentants du peuple français, délégués par la Convention nationale^ dans les départements de l'Ain et de risère : aux Administrateurs du directoire du département de l'Ain.

Nous avons reçu votre lettre du 2 de ce mois et la copie de l'adresse que vous avez envoyée à la Convention. Nous trouvons vos vues excellentes en temps de paix ; mais l'application de ces articles des droits de l'homme et nul ne peut être inquiété, etc., celui qui déclare libres les opinions religieuses, et encore celui qui porte qu'u?ï prévenu sera interrogé dans les 24 heures de sa détention : d'après lesquels les réclamans se fondent, et qui dirigent vos démarches, ne peut avoir lieu aujourd'hui. Nous nous opposerons à ce que nos ennemis profitent des actes de bonté, de justice et de clémence, consignés dans nos loix, pour se mettre à l'abri des troubles qu'ils fomentent dans notre sein, et des déchiremens qu'ils ne cessent de nous faire souffrir.

Le directoire ignore sans doute que les mots de ralliement de nos ennemis du dedans sont le bon Dieu et le

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