CHAPITRE IV
Paradis ; que les dévots modernes, dont le nombre s'accroît chaque jour, sont les révoltés de la Yendée ; qu'il est beaucoup de villages dont la plupart des habitans exhortés tant par certains prêtres assermentés que par d'autres
fanatiques, sont tout prêts à se réunir aux révoltés A
Vienne, nous avons trouvé un vicaire qui, rappelé au respect qu'il devoit à la représentation nationale, duquel il s'écartoit par trop, répondit fort insolemment qu'il étoit le représentant de Dieu (1).
En un mot le cahos d'intrigues, de menées contre-révo« lutionnaires qui nous environnent de toutes parts, nous défend expressément d'employer des mesures d'humanité autres que celles qui nous sauveront tous... S'il nous restoit quelques regrets, ce seroit de ne pas avoir doublé la mesure...
D'après ces considérations... nous arrêtons :
Art. I ". — Les personnes détenues dans le département de l'Ain., par mesure de sûreté générale et en exécution de nos arrêtés des 21 mars et 3 avril dernier^ resteront dans cet état jusqu'à ce que la Convention nationale en ait autrement ordonné.
Art. 2. — Toutes personnes dénoncées par six citoyens povr fait d'incivisme ou pour s'être introduites de maisons en maisons pour y prêcher un système de religion quelconque., seront inscrites sur la liste des notoirement suspectées et regardées comme complices des révoltés de la Vendée.
Nous vous invitons à faire imprimer, publier et afficher dans tout le département le présent arrêté...
(i^ M. Merlino, qni avait si chaleureusement pris parti pour les catho» iquts contre Ihérésie janséniste (voir nos Curiosités hist. de tAin, ovat III, p. 483), les traite ici de fanatiques et les tourne en ridicule; ce qui ionre la mesure de ses convictions.
Nous venons d'apprendre de quelqu'un digne de foi que le procureur-général-syndic s'étoit permis de donner à une ou plusieurs municipalités l'ordre verbal de relaxer les détenus. Thoissey s'est avi5e de le faire. Nous vous prions très instamment de vous faire rendre compte de ces faits, vous déclarant que si nous en acquérons la preuve, nous sommes très disposés à prendre, sitôt notre arrivée à la Convention, des mesures capables de prévenir de semblables abus.
Nous partons à l'instant pour Paris. Vous voudrez bien nous faire parvenir le plus tôt possible, votre déclaration sur la présente et croire que, partout où nous irons, nous serons toujours, avec les sentimens les plus fraternels, vos concitoyens et égaux en droits. Signé- : Amar, Merlino, et Leymerie, secrétaire de légation (Pièce E). , •
Cet arrêté du i6 mai, qui complétait la barbarie des premiers, était d^autant plus criminel que, par décret du 3o avril, la Convemion avait révoqué tous les pouvoirs délégués à ses membres (i), et que ce décret, publié dans le département de l'Ain, le 9 mai, ne pouvait être ignoré d'Amar et Merlino.
Aussi le Conseil général du département, convoqué par le Directoire, s'empressa-t-il de regarder comme non avenues- les nouvelles prescriptions des commissaires (séance du 19 mai ;