CHAPITRE V
tarât est décrété d'accusation, le 12 avril ijgS. Le procureur-général-syndic de VAin réunit les trois corps administratifs et leur propose avec enthousiasme d'adhérer au décret ; la motion est éludée. — // demande, sans plus de succès, l'arrestation en masse des nobles de Bourg. — Lettre du district de Belley, annonçant des troubles en Savoie et signalant l'insuffisante garnison de Pierre-Chatel. Le conseil-général délègue deux administrateurs à St-Etienne et à Lyon pour acheter des
^ fusils et dus sabres, et faire fondre six canons. Organisation d'une
\ force armée départementale. — Altercation entre le citoyen Rollet, mé~
I decin, et M. Gaillard, chef de légion.
Pour ne pas interrompre la mission d'Amar et
lerlino, nous avons laissé de côté quelques faits
ont nous allons parler maintenant.
Dans la séance du 12 avril lygS, la Gironde
vait eu un triomphe in extremis ; elle avait ob-
:nu un décret d'accusation contre Marat et sa
lise immédiate en arrestation. A cette nouvelle,
procureur-général-syndic Duhamel s'empressa
convoquer les trois corps administratifs du
lef-lieu et leur proposa d'adhérer à Pacte d'accu-
tion. Son discours, transcrit sur le registre du
anseil général, à la date du 19 avril, embrasse
5 diverses phases de la Révolution. Nous n'en
terons que la fin, où sont accumulées de furi-
25o DIXIÈME ÉPOQUE.
bondes invectives contre Marat et les Montagnards.
Citoyens, il est enfin temps de vous désabuser, il est temps de vous sauver vous-mêmes, et vous ne le pouvez qu'en excitant, qu'en vous décidant à exciter un grand mouvement.
Représentez-vous les départemens de la Vendée, des Deux-Sèvres et autres dont le sol est jonché de cadavres. Voyez le sort qui vous attend si vous balancez à prendre une résolution. Entendez les cris perçans de vos femmes et de vos enfans que la fureur égorge. Voyez le sang de vos frères couler le long des rues. Eh bien, citoyens, voilà la position dont l'anarchie vous menace aujourd'hui, demain, à tout instant ; et à qui la devez-vous, citoyens, cette position malheureuse? Qui de vous eût pu le croire quand on s'occupoit de former la Convention nationale ? C'est à une partie de ses membres; c'est à ces hommes vomis par l'enfer pour dévorer l'espèce humaine. C'est par le fer, le feu, l'assassinat, le meurtre et le pillage qu'ils vous prêchent le républicanisme.
Quoi ! le crime deviendra le flambeau de notre révolution ; il continuera à éteindre celui de la raison et des vertus, sans lesquelles il ne peut y avoir ni société, ni repos ni gouvernement. Non, citoyens, vous ne le souffrirez pas. Vos cœurs m'ont prévenu ; ils ont vu les crimes de Marat et de ses partisans. Vous m'enviez, je le vois, le devoir de vous dénoncer ce monstre, de le dénoncer à la nature entière. Eh bien, citoyens, faites donc que par un arrêté digne des droits de l'homme dont vous êtes les organes, les vertus des Pétion, des Brissot, des Guadet soient à jamais honorées ; faites que le monstre soit terrassé. Prononcez en faveur de l'humanité ; que dis-je, demandez que justice