‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 138 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

3it faite à l'humanité violée, à la nature outragée, des leurtres que les crimes, que les atrocités de Marat ont lit commettre. Demandez justice de ses attentats et de abus qu'il a fait de ses pouvoirs ou si vous n'osiez... Mais on, je sens que je n'aurai que la gloire de me réunir à ous, et que vous concourrez de tous vos efforts à purger i Convention nationale des monstres qui la déshonorent, on-seulement en applaudissant au décret d'accusation ui a été rendu, mais encore en demandant qu'elle soit lurgée de tous ses fauteurs et adhérens, en instruisant le euple et l'invitant à se défier de ces hommes de sang et e carnage qui ne savent compter leurs jours que par leurs jrfaits.

Mi proposition est donc pour une adhésion formelle et lotivée au décret d'accusation contre Marat et à ce que perquisition la plus prompte soit faite de sa personne 3ur en faire justice à Dieu et aux hommes. Je demande encore que votre arrêté contienne des insuctions et exhortations capables de préserver le peuple épouser jamais des principes et des systèmes aussi conaires à sa tranquilité que ceux du féroce Marat.

M. Duhamel posa fièrement sa signature au bas ces lignes, et, immédiatement après, le registre )rte cette prudente décision :

La discussion fermée et les opinions recueillies, l'Assemîe considérant qu'il ne seroit à propos de s'occuper d'un cre: d'accusation, porté par la Convention nationale ntre un de ses membres, qu'autant qu'on supposeroit

Iistence de partis formés dans la Convention nationale que l'Assemblée n'v en veut reconnoître aucun, — ...............

président, Robin, Vieux, Morand, Frémion, Pitet, Billion, J.-M. Grumet, Thoubillon, Martinon, Tardy, Peysson, Balleydier, Tacon, cadet, Duhamel, procureurgénéral-syndic^ et Brangier, secrétaire.

La neutralité de nos administrateurs impliquet-elle de leur part quelque sympathie pour Marat? Nous ne le pensons pas ; car ils s'abstinrent également de le féliciter lorsqu'il fut acquitté, le 24 avril, par le tribunal révolutionnaire et porté en triomphe à la Convention, la tête couronnée de lau-riers.

Blanq-Desisles, dans sa Vie révolutiomiaire^ p. 5, se donne les gants d'avoir empêché l'adresse girondine :

J'ai combattu fortement au département qui, sans nous dire le motif, avait assemblé toutes les autorités constituées, et qui vouloit que nous fassions une adresse aux Brissotins pour les féliciter d'avoir incarcéré Marat et pour demander son jugement ; j'ai reproché, ce jour-là, aux administrateurs de n'avoir point fait d'adresse ni pour l'abolition de la royauté, ni pour la mort du tyran, et d'en vouloir faire une contre Marat; j'eus le bonheur d'empêcher que l'adresse ne se fît. ,

N'oublions pas que le patriotisme de Blanq- Desisles était fort équivoque et que ses allégations méritent peu de confiance. Nous le verrons bientôt crier avec les Fédéralistes : A la guillotine^ Marat !

^^^^^^Bmm CHAPITRE Y. a53

^^bl. Duhamel, dont nous connaissons la haine f pour les prêtres et pour Marat, n'avait pas moins de répulsion pour les nobles. Il ignorait sans doute qu'il descendait lui-même « d'une famille noble et ancienne de protestants réfugiés, d'origine normande, qui vinrent se fixer en Dombes au XVIP siècle (i). »

Profitant des arrêtés d'Amar et Merlino pour frapper les principales familles de Bourg et des environs, il signala au Conseil général du département, le 2 1 avril, comme des êtres dangereux :

La citoyenne Divoley-Laroche, tante, à qui venoit encore d'arriver une lettre de son frère le chevalier, où il lui exprimoit des vœux ironiques en faveur de la République.

Le citoyen Duport ayant son frère émigré et recevant chez lui tous les parents des Verda dont il est l'allié du côté de sa femme.

La dame Jalamonde et ses filles, ayant son mari et son père émigrés.

Le citoyen Descouardes ayant aussi son frère parmi les émigrés armés contre la patrie.

La dame de Branges, la dame Montessuy, la dame de Crangeac, ayant également toutes leurs maris, et les deux dernières, leurs enfants, parmi les émigrés.

La famille des Menthon, plusieurs des siens.

La dame Bachet, ses deux fils et un neveu.

Le sieur Devillette père, son fils.

M. Dufay, Galerie militaire de l'Ain, p. 206. Tome III.

La maison Favre, un fils, une belle-fille et un 1 eaufrère.

Le citoyen Marron-Belvey, son fils.

Le citoyen Folliet, à Treffort, son fils.

Et tant d'autres qui sont domiciliés dans le département.

Il est d'une souveraine injustice, ajouia-t-il, de voir les prisons et les maisons d'arrêt remplies de citoyens cidevant Tiers-état ou laboureurs, pour de simples opinions religieuses, tandis que les nobles, nos ennemis naturels, nos ennemis certains et irréconciliables, jouissent de toute leur liberté.

Malgré ce bel argument et plusieurs autres, le Conseil général, qui se souciait peu, ce nous semble, de prêter les mains à une proscription collective aussi peu motivée, aussi peu galante, n'honora pas de la moindre réponse la proposition de M. Duhamel ; son discours sur le registre n'est suivi d'aucune décision, d'aucune observation.

Le Conseil général, obligé de sévir quand les réquisitoires étaient fondés, condamna, le 14 mai, quatre chartreux de Seillon à être déportés à la Guyane ; mais, quelques jours après, 23 mai, ayant pitié des infirmités de trois d'entre eux, il les dispensa de la déportation. Au mois de juin, encouragé par la plainte générale des habitants de Bourg à la Convention (adresse du 2 juin, dont nous parlerons plus loin), il élargit un grand nombre de détenus ou convertit leur détention en

Page 1