‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 139 sur 275 · CHAPITRE V. 2D · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. 2D

arrêts domiciliaires. Le registre en fait foi : chaque jour, une dizaine d'élargissements étaient prononcés.

Le jour même que Marat fut jugé, le 24 avril, la Société populaire de Trévoux, que présidait le citoyen Eustache, proposa aux officiers municipaux de former un comité de salut public pour prendre et faire exécuter sur le champ les mesures qu'exigeaient les circonstances critiques 'i).

Quand on connut l'acquittement et le triomphe de Marat, l'inquiétude publique alla toujours croissante ^ on pressentait la chute des Girondins et le règne de l'anarchie.

Le 16 mai, les administrateurs du district de Belley écrivent au procureur-général-syndic :

Nous apprenons que des troubles, occasionnés par le fanatisme, viennent de se manifester dans le département du Mont-Blanc. Des révoltés, ayant à leur tête des prêtres et des nobles, se sont montrés près de la petite ville de Thône, dans le district d'Annecy. Ils ont, dit-on, des canons et des munitions. Nous ne doutons pas que les autorités constituées du Mont-Blanc et les commissaires de la Convention n'aient pris des mesures rigoureuses pour les réprimer; cependant le bien de la République exige que de toutes parts on maintienne la paix intérieure, qu'on ne néglige aucun moyen pour prévenir les maux que les raalveillans nous destinent.

Oî Lettre manuscrite, signée : Vernay, ainL — lA. Valen : !n-Smit«.

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Nous savons que le fort de Pierre-Châtel, où il y a des munitions et des pièces d'artillerie de plusieurs calibres, est pour ainsi dire abandonné et laissé à la merci du premier venu. Il n'est gardé que par cinq canonniers qui certainement ne pourroient suffire à sa défense en cas d'attaque. Le commandant même n'y réside pas. N'y auroit-il pas à craindre que quelques-uns de nos ennemis ne vinssent à le surprendre et à se servir de nos armes contre nous-mêmes? N'avons-nous pas lieu de présumer que les rebelles de -la Vendée tiennent à une filiation qui s'étend sur toutes les parties de la République et que les troubles du Mont-Blanc en dérivent. Citoyen, nous avons pensé que, pour ôter aux malveillans une ressource pareille, il seroit à propos de faire occuper provisoirement ce fort par un détachement de 40 à 5o hommes tirés de la garde nationale de Belley...

Salut et Fraternité. Signé : Garnier, Joseph Dore, Gaùdet, procureur-syndic (i).

Le 17 mai, le Conseil permanent de TAin donne mission à deux administrateurs, les citoyens Berard et Murillon, d'aller acheter à Saint-Etienne deux mille fusils et trois cents sabres, et de traiter à Lyon pour la fonte de six canons avec le bronze des mausolées « de trop mauvais goût pour être conservés (2', » qui sont dans les églises de Brou, de Goligny et des Augustins de Montrevel.

Le lendemain, 1 8 mai, le même Conseil requiert les gardes nationales du département de lui four-

(1) Lettre autographe. — Ci» D.

(2) Séance du 21 mai 1793.

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