‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 14 sur 275 · CHAPITRE PREMIER. IJ · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. IJ

été plus lâches pendant le combat. Toutefois quelques hommes humains se trouvent parmi ces monstres; ils épargnent le vieux médecin du roi et les dames de la Cour.

Le château et le jardin des Tuileries ne sont pas les seuls théâtres du carnage. Sur le Pont-Royal, sur le Pont-Neuf, sur le quai des Tuileries, sur le Carrousel, dans les rues de F Echelle, de Saint- Nicaise, de Rohan, etc., on assassine à coups de piques, de sabres et de faux, on assomme et on broie avec des massues les gens suspects de royalisme. Le commandant Carie, qui veillait sur la famille royale à la porte de la loge du Logographe^ est entraîné sur la place Vendôme et massacré. M. de Clermont-Tonnerre, l'un des plus honorables constituants, est saisi dans une rue du quartier de la Croix-Rouge, où il passait inoffensif; on le traîne dans la boue, on Tégorge, on le met en pièces.

Tandis que ces horreurs se commettent, T Assemblée législative, sous la pression des dictateurs de rHôtel-de-Ville,en commet de non moins odieuses: eLe décrète la formation d'une Convention nationale, la suspension du chef du pouvoir exécutif, formule euphémique de la déchéance, la détention du roi et de sa famille, la dispense de la sanction rcyale pour la publication des lois, le rappel des ministres Rolland, Clavière et Servan aux Dépar-

t8 HUITIÈME ÉPOQUE.

tements de Tlntérieur, des Finances et de 1 Guerre, et la nomination de Danton, Monge e Lebrun à la Justice, à la Marine et aux Affaire étrangères. Convention nationale , déchéance e dispense de sanction , tout cela était absolumen contraire à la Constitution ; mais un distique alors fort à la mode, justifiait toutes les illégalités

Le devoir le plus saint, la loi la plus chérie, C'est d'oublier la loi pour servir la patrie (i).

Le même jour, sur la proposition de Choudieu elle décrète des frais de voyage et de solde au: Marseillais pour les récompenser de leurs concour à la chute de la royauté (2). Le lendemain, elli décrète le mode d'élection de la Convention natio nale, et, le 17, la création d'un tribunal crimine destiné à juger les crimes du 10 août.

Pour grossir ces prétendus crimes et justifiei les juges qui, du 21 au 25, firent tomber les tête; du capitaine Collenot d' Angremont (3), de Laporte intendant de la liste civile et de Durosoy, rédac-

(i) En vertu du même principe et de celui de la liberté, on brise toute: les presses des journaux constitutionnels et royalistes. Celles de li Galette universelle de notre corn patr o:e Cerisier ne sont pas épargnées

(2) L'Assemblée législative épargna du moins le palais des rois. Il étai réservé aux communards de 1871 d'incendier les Tuileries et à ceux di 1879 de raser les ruines du pavi. Ion centra et des pavillons dj Médici: (Séance de la Chambre des députas du 29 juillet 1879).

(3) Le bourreau, tenant la tête du supplicié et la montrant au peuple tomba de l'échafaud et resta mort sur place. [Hist. parlementaire d( Bûchez et Roux, t. XVII, p. 212.)

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