‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 149 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

clare que ledit Gauthier a demeuré à ce poste, derrière la maison, pendant plus d'une heure que le feu a duré ; et a le déposant signé ladite déclaration. A Lyon, le 3i mai de l'an deux de la République. Signé : Millanois (i).

Quand la partie fut décidément perdue, Gauthier expédia ce contre-ordre laconique aux municipaux de Montluel : « La réquisition qui vous a été faite aujourd'hui de faire marcher sur Lyon votre garde nationale, est expressément révoquée. » Contre-ordre qui arriva quand les gardes nationales étaient déjà en marche ; plusieurs, celles de Meximieux, Saint-Christophe, Montluel, Beynost, La Boisse, Saint-Maurice de Beynost, Miribel, etc., allèrent jusqu'à Lyon.

La conduite des représentants du peuple fut sévèrement jug'ée par M. Guerre.

Ce qui comble la mesure des horreurs, dit-il (p. 61), c'étoit de voir un représentant du peuple, Gauthier, s'associant aux coupe-têtes, leur donner lui-même le signal des hostilités, les exciter au carnage {2).

Mais enfin la fortune fut une fois juste ; la victoire demeura au bon parti, et Nioche et Gauthier se rangèrent au parti de la victoire.

La municipalité fut suspendue provisoirement. Les deux commissaires qui, pendant toute la durée du com-

j) Pièce justificative n» i3i de YHist. de M. Guerre, déjà citée.

» Il existe au procès une multitude de dépositions qu'il serait trpp lojg de transcrire; les pièces cotées n»* i3i et i32 peuvent donner uj» -. Idie des preuves {Note de M. Guerre).

bat, avoient constamment résisté à cette mesure, l'approuvèrent après la victoire ; ils approuvèrent aussi le remplacement du Conseil général de la commune par les présidents et secrétaires des sections. Ils firent plus : Ils ouvrirent les yeux ; ils rendirent aux citoyens de Lyon une éclatante justice dans une proclamation qu'ils publièrent le 3o.

On comprend que le citoyen Gauthier-des- Orcières, député jacobin, n'ait pas voulu, avant le combat, enlever la municipalité de Lyon à ses frères et amis, et, à la rigueur, qu'il ait pris parti pour eux contre les honnêtes gens des sections et du département qu'ils nommaient muscadins et permane?îts. Mais ayant succombé dans la lutte, devait-il courtiser les vainqueurs, comme il Ta fait dans la proclamation du 3o ? N'était-ce pas de la platitude ? Voici ce curieux mea culpa :

Proclamation des Représentants du Peuple^ envoyés près l'armée des Alpes ^ aux Citoyens de Lyon.

Des avis alarmants sur la situation de Lyon et sur les dangers d'une contre-révolution décidèrent les quatre. Représentants du peuple auprès de l'armée des Alpes, à faire passer dans cette ville une force armée qui devoit en assurer la tranquillité et protéger les propriétés nationales.

Comme cette mesure a alarmé quelques sections ; les Représentants du peuple ont cherché à les rassurer, et ils n'attendoient, pour la changer, que d'avoir des renseignements positifs sur l'état de cette cité ; ils ont annoncé

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