‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 153 sur 275 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

les patriotes de T Ain, quand elle leur fut présentée, le 26, par les citoyens Dumas (i), vice-président, et Bechet, secrétaire-général du département du Jura. Notre Conseil permanent fit le meilleur accueil aux délégués Jurassiens et, le lendemain, en leur présence, avec le concours d'un député de chaque district, il prit l'arrêté suivant :

L'Assemblée, conside'rant que depuis longtemps la Convention nationale ne jouit pas de la plénitude de sa liberté ; qu'elle est circonvenue par des malveillans et des factieux, outragée par des tribunes insolentes et soldées, qui arrêtent le cours de ses délibérations ;

Que la Constitution qui doit faire le bonheur général est retardée journellement par des incidens amenés et préparés à dessein, qui font naître dans le sanctuaire des loix et de la liberté des scènes indécentes et scandaleuses ;

Qu'il est notoire que la vie même d'un grand nombre de députés est chaque jour audacieusement menacée, sans que leurs collègues ni les citoyens de Paris aient pris jusqu'à présent les mesures nécessaires pour réprimer de pareils attentats ;

Que le désordre et l'anarchie sont à leur comble, et

(0 Ce Dumas (Jean-François), que Nodier nommait le Vergniaud du Jura, était frère d'un forcené jacobin, l'abbé Dumas (René-François). Ce dernier, parlant un jour de son frère au club de Besançon, prononça ces exécrables paroles, que Nodier a lui-même entendues : « Si le sang qui m'est commun avec ce traître pouvoit expier ses attentats, j'ouvrirois à rinstant mes veii.es devant vous. La proscription dont ;e suis frappé dans le Jura l'a sauvé de mon poignard ; mais^e vais le livrer à la justice nationale, et le pi js beau jour de ma vie sera celui où je vous apporterai la tête de mon frère ! »

{Souvenin de la Révolution, par Charles Nodier, V« édition, t. I. p. 349).

282 DIXIÈME épOQUE.

laissent la perspective alarmante de la dissolution prochaine de la Convention nationale ;

Que cette dissolution, en privant la République d'un centre d'unité interromproit nécessairement l'action du gouvernement, et mettroit le sort de la nation entre les mains des ambitieux et des scélérats qui conspirent sa perte ;

Qu'il est de la prudence et même du devoir de tous les bons citoyens, et surtout des corps administratifs, de concerter les moyens de salut public les plus analogues aux circonstances, et d'avertir le peuple des dangers imminens de la chose publique ;

Que les mesures prises par le département du Jura, sont les seules qui puissent être mises en usage, parce qu'elles sont les plus conformes à la loi, et qu'elles offrent aux vrais amis de la République un point de ralliement, un centre d'unité auquel ils s'attacheront pour faire cesser l'anarchie et prévenir la guerre civile :

Arrête unanimement qu'elle adopte les principes qui ont déterminé les mesures prises par le département du Jura dans son arrêté du 24 mai :

Arrête en conséquence que, vu la crise où se trouve la République, il y a lieu, i" de requérir les députés suppléins des représentans du peuple du département de l'Ain, de se rendre à Bourges, ville la plus centrale de la France, pour s'y constituer en assemblée nationale provisoire, au moment où la Convention nationale viendroit à sêtre dissoute par toute autre cause que la volonté du puple français, et convoquer à l'instant les assemblées primaires, afin de procéder à l'élection de nouveaux représentans; — 20 de lever une force armée d'élite pour se rendre à Bourges, et protéger lesdits députés suppléans ; — 3" de faire connaître aux autres départemens les dispo-

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