‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 167 sur 275 · CHAPITRE PREMIER. 3o · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 3o

brûlés publiquement dans chaque municipalité, en présence du peuple (i)...

Cette pièce ne porte aucune signature ; elle est close par la mention suivante : Les citoyens composant la Société des Amis de la Liberté et de r Egalité^ séante à la maison commune de Belley.

Une troisième pièce de la même Société porte la date du 2 juin 1790. C'est l'éloge funèbre du général Picot de Dampierre, tué le 8 mai précédent d'un coup de canon sous les murs de Valenciennes. Le membre qui prononça cet éloge chercha des effets d'éloquence dans de banales fanfaronnades contre tous les tyrans couronnés :

Tremblez, tyrans et vous, perfides : la mort de ce républicain vertueux est un crime de plus à vous reprocher. Elle réchauffera le courage de tous les soldats français ; tous jureront sur sa tombe votre dissolution et votre anéantissement ; tous, animés du zèle saint de l'égalité, vous poursuivront jusque sur vos trônes déjà ébranlés, vous en précipiteront, briseront les hochets de votre présomption, de votre perfidie, de votre cruauté, et, dessillant les yeux aux citoyens que vous tenez encore sous le joug, ils vous feront proscrire à jamais de la surface du globe (2).

f (i) Pièce sans titre et sans autre date qile le millésime de l'imprimeur. \ lîelley, 1793, 4 p. in-4°. — Ph. L. D.

(2) Oraisonfunèbre de Dampierre, prononcée à la tribune dt la Société A des Amis de la Liberté et de l'Egalité, séante à la maison commune de

Belley, le 2 juin rjg3, l'an II de la République. Belley, 1793, 4 p. in-4"»

— Ph. L. D.

3o6 ONZIÈME ÉPOQUE.

La Société vota l'impression de ce pathos, ce qui est constaté au bas de la pièce par les signatures de MM. Brillat-Savârin^ présidetit, et Tendreté sç.cïéta.vcQ.

Pauvre Brillât-Savarin ! Obligé d'attacher son nom à de pareilles sottises! Etait-ce le cas de vouer à la mort les tyrans couronnés des nations étrangères, quand des tyrans sans couronne dominaient la France et lui mettaient déjà le pied sur la gorge ? '

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