CHAPITRE II. JIJ
Lescuyer et Balleydier ont réuni la majorité des suffrages (i).
Le présent arrêté sera imprimé et envoyé à tous lesdictricts et municipalités du département et, en outre, à tous les départements de la République.
Remarquons encore une fois que cet arrêté girondin fut approuvé par les Blanq-Desisles, Convers et Chaigneau, c'est-à-dire par les hommes qui devinrent les instruments les plus actifs de la Terreur,
Le Directoire de TAin ne s'en tint pas à Fexpression très juste et très modérée de son vœu pour le rappel des proscrits. Le surlendemain, 8 juin, il s'associa aux mesures proposées la veille par les administrateurs du Jura : convocation des assemblées primaires pour envoyer à Bourges une nouvelle représentation nationale, et réunion des bataillons jurassiens à ceux des autres départements pour marcher sur Paris et « y faire respecter ou venger la souveraineté nationale. » Voici les termes de son adhésion :
Le Cconseil général du département de l'Ain déclare qu'il adhérera à toutes mesures qui seront prises de concert avec les autres départements de la République pour maintenir ou rétablir, par la volonté souveraine du peuple
(i) Trois jours après, 9 juin. le Directoire de l'Ain ayant appris parles journaux que la Convention ne recevait pas les députations et les rcnvo (-ait au comité de salut public, rapporta son arrêté en ce qui concerne les trois députés.
3l6 ONZIÈME ÉPOQUE.
français, la liberté et l'intégrité de la représentation nationale, l'unité et l'indivisibilité de la République, et qu'il coopérera de tout son pouvoir à l'exécution desdites mesures ; enfin qu'il sera fidèle au serment de vivre libre ou de mourir (i).
L'émotion produite à Bourg par les événements de Paris eut son retentissement à la Maison commune. Le 8 juin, la municipalité crut devoir calmer la fermentation des esprits par une proclamation, dont elle confia la rédaction à trois de ses membres, les citoyens 'Blanq-Desisles, Reydellet et Rousselet. Ce dernier donna lecture, à la séance du II, d'une exhortation à la concorde et au respect des lois, des personnes et des propriétés. Ce document, qui n'est ni girondin, ni montagnard, ne contient que trois alinéas que voici,' sauf quelques phrases par trop banales :
Citoyens,
Plus les dangers de la patrie sont imminents, plus les vrais républicains doivent se tenir calmes. Ce n'est ni par des haines, ni par des calomnies, ni en adoptant des partis, qu'on peut sauver la République ; c'est par une réunion sincère et patriotique....
Soyons fermes, mais réfléchis, pour être plus sûrs dans notre marche, et nous épargner le regret d'embrasser et de prôner aujourd'huy une idée que nous serons obligés peutêtre de rejeter demain....
;>\ (i) Registre du Directoire de l'Ain S juin 1793.