‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 4)Chapitre 175 sur 275 · CHAPITRE II. JIO · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. JIO

La proclamation se termine, comme celle de Bourg, par cette mauvaise plaisanterie du respect des personnes et des propriétés.

M. DoR, président, qui la signa, n'était pas difficile en fait d'âge d'or.

Plusieurs jours s' étant écoulés sans ramener le calme dans les esprits, le conseil général de l'Ain fit venir les délégués de chaque district qu'il s'était adjoints par délibération du 26 mai, et, avec leur concours, chargea une commission de présenter un rapport sur la situation.

A la séance du 19 juin, la commission lut son rapport ; c'était un exposé rapide et alarmant des troubles de la Convention et un appel à de nouveaux délégués (un par canton) pour étudier les les moyens de salut.

Cet exposé ferait ici double emploi avec le récit de la chute des Girondins, qui se trouve au chapitre précédent. Nous ne transcrirons que la résolution du conseil général :

La matière mise en délibération et discutée, tant par les membres de l'assemblée que par plusieurs citoyens qui ont demandé la parole ;

Le Procureur-général-syndic ouï ;

L'Assemblée considérant qu'il existe dans Paris un esprit d'anarchie et de domination; que la majorité du peuple français y a été outragée par les violences exercées

BîO ONZIÈME ÉPOQUE.

contre ses représentans et l'arrestation arbitraire et forcée de plusieurs d'entre eux ; que la fermentation est générale dans les départemens ; que la République est exposée au danger imminent d'une scission et même de la guerre civile ; que les circonstances éventuelles peuvent exiger des mesures qui excèdent les pouvoirs des corps administratifs ; qu'elles ne peuvent être autorisées que par le peuple en qui réside la souveraineté ; que ses plus grands intérêts étant compromis, c'est à lui à veiller spécialement à leur conservation et à diriger l'action des autorités constituées pour le maintien de la liberté, de l'égalité, de l'unité et de l'indivisibilité de la République,

Arrête ce qui suit : ,

Art. I. — Les administrations de district sont invitées à continuer de tenir un de leurs membres en permanence près l'administration du département.

Art. II, — Tous les habitans du département sont invités à se réunir le 29 du présent mois en assemblées générales de commune, pour prendre en considération l'état actuel de la République, et à envoyer près l'administration du département un député par canton, muni des pouvoirs nécessaires pour arrêter avec les administrateurs du département et les administrateurs déjîutés des districts, toutes mesures de salut public, tendantes à maintenir la liberté, l'égalité, l'unité et l'indivisiDilité de la République.

Art. III. — Les communes sont invitées à envoyer, le 3o de ce mois, au chef-lieu de canton, chacune un de leurs membres, pour y faire le choix du député du canton.

Art. IV. — Les députés de cantons auront la même indemnité que les administrateurs du conseil du département.

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